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dimanche 23 novembre 2014

L’Ile de Pâques – Les Moais

Venons-en aux fameux Moais, afin de bien tout comprendre, voici un mini lexique :
L’ « Ahu » est la plateforme cérémoniale surélevée accueillant un ou plusieurs Moais. « Moai », on ne va peut-être pas vous faire un dessin. Le « pukao » est le chapeau en pierre volcanique rouge, extrait de la carrière Puna Pau, que portent certains Moais.

Ces colosses de pierre volcanique pèsent parfois plusieurs dizaines de tonnes. L’île en compte 850, mais il y en aurait certainement encore sous terre, ensevelis par le temps, portant ce nombre à près de 1000 ! Autant vous dire qu’en se baladant on en rencontre assez facilement.



Les Moais sont tous tournés vers la terre, dos à l’océan, à l’exception de 7 qui représenteraient les sept éclaireurs envoyés par un chef polynésien vaincu qui cherchait une terre d’accueil. Tous les moais sont extraits de la carrière de Ranu Raraku (où demeurent beaucoup de Moais inachevés), ils étaient ensuite déplacés sur le lieu de leur érection. Personne n’est certain des méthodes utilisées pour déplacer ces colosses : le moai couché roulait sur des troncs ou bien il était déplacé par pivotement centimètre par centimètres, ou encore il se déplaçait tout seul, au choix ! A l’époque ils avaient des yeux en coraux mais ceux-ci ont disparus avec le temps. Dans leur dos sont souvent gravés des pétroglyphes. A leur sommet se dressait le pukao, qui pouvait avoir trois formes. Il est d’usage de dire qu’il représente le chignon traditionnel polynésien. Il faut tout de même préciser qu’aucun Moai n’est resté debout, ils ont tous été renversés à un moment ou à un autre, mais lors des restaurations successives, certains ont été relevés (ouf !).  


Concernant  l’histoire, celle des premiers pascuans remonterait à l’an 800 mais il ne demeure presque aucun écrit, la pierre de Rongo Rongo n’ayant jamais été déchiffrée et la tradition étant orale. Ceci rend l’histoire et la culture mystérieuses et donc nos propos incertains.

Les Moais ont été érigés jusqu’en 1680 (période de l’apogée) mais sont aujourd’hui majoritairement couchés face contre terre ou cassés. En effet, les tensions entre tribus ont fini par donner lieu à de véritables affrontements et à la destruction de sites érigés par les tribus ennemies, amorçant le déclin de la culture Moai. Les différentes tribus Rapa Nui exprimaient leur pouvoir et leur force en taillant et en dressant les plus beaux et les plus grands moais. Côté chiffre, le plus petit mesure 1,13 m et le plus grand n’ayant jamais été dressé atteint les 9 m (!) Or, LE plus grand est en fait encore dans la carrière de Ranu Raraku à l’état d’ébauche, massivement lié à la roche. Son excavation a certainement été interrompue (comme beaucoup) lorsqu’il a été jugé intransportable en raison de son poids et sa taille… Ha la folie des grandeurs !!


Au XIXème siècle les expéditions des Européens ont mis un terme définitif à la tradition pascuane. Cela dit, l’île de Pâques conserve son identité et ses secrets que nous avons été ravis de découvrir. Nous garderons un souvenir impérissable de cette semaine passée sur l’île. 












Alors vous, vous décollez quand pour Rapa Nui ? =)







L’île de Pâques – Notre aventure


Ce n’est pas le tout hein, mais il faut la visiter cette Ile de Pâques quand même et partir à la recherche et rencontre de ces fameux Moais !! Le lendemain de notre arrivée, nous avons décidé de commencer par visiter l’île à pied, enfin une partie seulement. En effet, l’ile parait petite (173 km²), mais en fait pas tant que ça, les kilomètres s’enchainent et finissent par se sentir dans les jambes. Nous nous sommes d’abord rendus au Village d’Orongo où il y a un cratère rempli d’eau (Rano Kau) et également un ancien village. Pourquoi un ancien village ? Parce que c’était le lieu de la cérémonie de l’homme-oiseau. Tous les ans, chaque tribu désignait un homme (Hopu Manu), qui devait aller récupérer à la nage sur un îlot à deux kilomètres, l’œuf d’un oiseau qui vient pondre à cette période. Il fallait déjà trouver l’œuf donc parfois attendre quelques jours sur l’îlot, puis le ramener à la nage sans le casser et enfin escalader la falaise de plus de 300m. Le vainqueur devenait l’Homme Oiseau (Tangata Manu) pour un an et se voyait offrir la construction d’une maison. Sur ce site se trouvent également de nombreux pétroglyphes (gravures).

Ensuite pour ne pas marcher sur la route, nous avons coupé à travers champ et forêt et sommes allés voir nos premiers moais, jusqu’à Hanga Te’e. Nous sommes rentrés en toute fin de journée, contents mais les jambes lourdes. C’est à ce moment-là que nous avons réalisé que marcher pendant 5 jours avec nos sacs de 18 et 28 kgs, ça aurait été mission quasi-impossible, nous aurait fatigué plus qu’autre chose et nous aurait empêché d’en profiter pleinement.

Les deux jours suivants, nous avons loué des VTT pour pouvoir aller plus loin. Nous avons beaucoup pédalé, le premier jour sur la route et le second sur une piste non goudronnée. Le vélo est un super moyen de découvrir l’île, même s’il y a du vent en bord d’océan et même s’il faut s’accrocher pour la route retour en fin de journée. C’est presque à bout de force qu’on arrive en haut de la côte située au nord de l’île. Nous avons été sur le point d’arrêter un pick up pour nous ramener, mais une petite pause a suffi pour me remettre en selle et rentrer au village !!


Le jour d’après nous nous sommes reposés (boooouh les flémards !) en se baladant tranquillement et visitant le seul et unique village de l’île : Hanga Roa. C’est ici que se concentre la majorité de la population ainsi que toutes les commodités : hôtels, superettes, pharmacie, marchés, hôpital, aéroport… Nous avons été surpris de voir que l’île est parfaitement équipée et ne manque de rien, nous nous attendions peut être à quelques chose de plus sommaire. Le reste de l’île est dépourvu de toute installation.

Ensuite, nous avons pris le modèle encore au-dessus, après nos jambes et le vélo, nous avons loué un quad ! Grande première (ou presque) pour tous les deux. Grâce à lui, en une journée nous pouvions finir de voir ce qui nous manquait, retourner à nos endroits favoris, etc. Bref, là encore un super moyen de découvrir l’île. Le quad était un peu capricieux et nous a littéralement ridiculisés auprès de l’agence de location… Pardon d’avance pour tous les motards puisque apparemment quad et moto se ressemblent sur ce point. Nous ignorions totalement l’existence d’un petit bouton, appelé « réserve », sous-entendu d’essence… Au beau milieu de l’île, nous sommes tombés en panne, le quad était très capricieux au démarrage, roulait de moins en moins longtemps avant de caler… Nous avons bien pensé à une panne d’essence (déjà ?) mais pourtant nous pouvions voir le niveau d’essence qui semblait bien suffisant ! Un 4x4 s’est arrêté et m’a emmené jusqu’au village pour que l’agence nous dépanne. D’ailleurs merci à Caroline, Marie et Cyril qui se sont arrêtés et qui ont été nos compagnons de voyage pendant quelques jours sur le continent ! A l’agence, le type me demande si nous avons tourné le bouton de la réserve… Mais quelle réserve ? Bref, je sentais la honte arriver… Nous retrouvons Micka assis sur le quad, nous attendant, presque désespérément. Vous devinez la suite, le type a tourné le bouton de la réserve et la machine est repartie comme en 40… On se sent tellement idiot dans ces moments-là, mais pas suffisamment pour payer le gars de l’agence qui nous demandait de payer son essence pour venir jusqu’ici (max 10 min de voiture…), et puis quoi encore ?



Pour se remettre de cette aventure, mais surtout pour clôturer le moment exceptionnel du lever de soleil sur l’ahu Tongariki où se dressent les fameux 15 Moais, nous nous sommes offerts un petit dej pain chaud/nutella face à l’océan. #Troplebonheur !!



Puisque nous nous étions revendiqués randonneur auprès de l’administrateur du parc, nous avons décidé de faire l’ascension du point culminant de l’île qui s’élève à 511m (le Cotopaxi n’a qu’à bien se tenir !!). Cela nous a permis d’avoir une vue à 360 degrés des contours de l’île mais aussi de l’océan, sans aucune rive à l’horizon. On se rend bien compte que nous ne sommes rien au milieu d’une telle étendue d’eau…


Cette semaine ayant été remplie de bonnes surprises, il a bien fallu équilibrer la balance et avoir notre lot de galères (sinon ce n’est pas drôle, quoiqu’on s’en serait bien passé tout de même!). A  se demander si, au début, les Moais voulaient bien de nous… Micka a d’abord commencé par se faire capturer ou manger une chaussette par l’un des chiens de « chez nous » : admettons ! Il a ensuite perdu les jumelles sur un des sites de l’île, là c’est plus embêtant, le boulet ! Un matin, sans raison apparente, c’est un piquet de tente qui s’est rompu, tient là, ça commence à faire beaucoup ! Micka (encore ?!) fini par arracher un crochet d’une de ses chaussures de marche ; fais ch*#% ! Nous finirons tranquillement notre séjour en oubliant le chargeur de l’appareil photo sur le muret du jardin en guise d’offrande à l’île ; à ce moment-là on est bon pour l’asile ! (Devinez dans quel sac se range habituellement le chargeur ????...)

Et si on parlait des Moais maintenant ?

L’île de Pâques – Les Pascuans

Il a fallu une seule sonnerie de réveil pour nous mettre sur pieds, 15 minutes après nous étions devant les grilles du métro en attendant qu’elles ouvrent à 5h45. Chose étonnante, si les grilles ouvrent à 5h45, la vente des tickets ouvre elle à 6h… Alors avec mon plus grand sourire je vais voir la dame et lui dit qu’on est très pressé et qu’on a un avion. Elle a fait sa bornée et 6h c’est 6h, elle ne pouvait pas nous vendre des tickets. N’ayant pas des heures et des heures d’avance, Micka décide de nous faire passer par le passage handicapé et nous grimpons dans le métro. Tandis qu’il n’était pas plus inquiet que cela, j’attendais le moment où les agents nous tomberaient dessus à la prochaine station, un peu comme la RATP à Paris… Quelques stations après nous descendons sans avoir été inquiétés de notre comportement mal autrui et risqué quand on a un avion quelques heures après… Ouf !

Comme c’est un vol national, les choses sont plus rapides puisqu’il n’y a pas de douane à proprement parlé. Bagages scotchés (afin d’éviter les mauvaises surprises sur le sac à dos à notre arrivée), enregistrés, rayons X passés, nous embarquons dans notre avion. Le trajet dure tout de même 5 ou 6h, l’île se trouve à près de 4000 kms des côtes chiliennes.


Enfin nous apercevons, à travers le hublot, de la terre, celle de Rapa Nui, fini le bleu infini de l’océan ! La grande majorité des touristes a été accueillie par leurs hôtels avec des colliers de fleurs, bienvenue en Polynésie !! En effet, L’Ile de Pâques se trouve également à 4000 kms de Tahiti et on se sent d’avantage en Polynésie qu’au Chili. N’ayant aucune réservation, nous n’avons pas eu notre collier de fleurs mais tant pis nous partons à pied rejoindre le « centre ville ». On se pose tranquille, on se familiarise avec les lieux puis nous nous dirigeons vers l’un des seuls campings de l’île pour y passer la première nuit.


Initialement notre projet était de faire le tour de l’ile à pied pendant 5 jours en bivouac, tout en sachant que le camping sauvage est interdit pour les touristes, mais autorisé pour les locaux… On pensait esquiver les gardes et les lieux surveillés pour planter la tente. Mais la proprio du camping nous rappelle bien que c’est interdit, mais qu’il est possible d’aller discuter avec l’administrateur du parc afin d’obtenir une autorisation. C’est confiant que nous partons causer à l’administrateur du parc national. Nous avions préparé nos arguments : nous sommes des randonneurs (hum hum), nous en avons l’habitude, nous ne toucherons pas les moais, nous ramasserons nos déchets, nous assumons toutes les responsabilités… Une fois tout ceci exposé (utile ou inutile), l’administrateur nous a refusé l’autorisation… Zut !!

C’était un mal pour un bien puisque Carlos, travaillant au parc national, nous propose extrêmement gentiment et en français, de nous installer dans son jardin pour 2 ou 3 nuits. Une sacrée aubaine pour nous ! Nous abandonnons notre projet de faire le tour à pied, nous rayonnerons de chez Carlos !!
Carlos, mais aussi Nua (son ex-femme, déjà afférée aux préparatifs de la grande fête de Tapati de février), son fils et Nala (la chienne), nous ont très bien accueilli en nous offrant l’accès à la cuisine et à la salle de bain. Nous avons essayé d’être les plus discrets possibles tout en profitant de leur connaissance et expérience en tant qu’habitants de l’île. Au milieu de la semaine, nous avons demandé si nous pouvions rester 3 nuits de plus et c’est sans hésitation que Carlos a accepté ! Leur maison était dans un quartier résidentiel, à une vingtaine de minutes à pied du « centre-ville ». C’était donc agréable d’être un peu éloigné, loin des autres touristes. Outre l’intérêt humain de l’expérience, l’intérêt financier n’est pas à négliger non plus, puisque les hôtels sont assez chers sur l’île et qu’une nuit coute minimum 30$ par personne.


Non loin de chez Carlos se trouve un parc avec des jeux pour enfants mais surtout une table de pic-nic,  qui nous a servi de restaurant tous les soirs. Nous allions diner face au coucher de soleil sur l’océan, à la lueur du réchaud :D Un vrai bonheur !



Carlos et sa famille n’ont pas été les seuls à avoir été si gentils, nous avons fait d’autres belles rencontres. Alors que nous rentrions « chez nous » en fin de journée, nous passons à côté d’une fête qui battait son plein depuis 13h. Après un joyeux « Hola ! », nous avons été invités à se joindre aux fêtards ! C’était l’anniversaire de Luiz, 70 ans, lunettes de soleil vissées sur les yeux, bière à la main, bref, ravi de fêter ça avec tous ses proches. Une énorme assiette de crudités, de poisson et de viande nous a été servie, le tout arrosé d’un bon vin rouge. Nous avons même eu droit aux bougies et à la part de gâteau ! Ce moment aussi agréable qu’inattendu nous a donné l’occasion de rencontrer Erwan, un breton marié à Andrea, une pascuane. Nous avons longuement discuté, heureux de pouvoir en apprendre encore plus sur la vie locale. Dans la soirée, nous repartons, réjouis de tant de gentillesse et de partage, avec une invitation à diner chez Erwan et Andrea pour le lendemain soir.



Le lendemain, nous nous sommes rendus chez eux, sur le terrain familial où habitent 3 générations dans 4 ou 5 maisons différentes. Nous avons passé une excellente soirée autour d’un plat chilien cuisiné au Disco (grand plat rond creusé à mettre directement sur les buches du barbecue !), autour d’un pisco, d’un ricard pour Micka (si si !) et de très bonnes crêpes (of course !). Erwan et Andrea, si vous passez par-là, encore merci pour tout.

Bienvenidos a Rapa Nui !!