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mercredi 22 juillet 2015

Péninsule du Cap

L’exploration de la péninsule du Cap commence pour nous à Simon Town, qui deviendra même notre fief puisque nous y dormirons une bonne partie des prochaines nuits, sur le parking de la marine nationale (ou équivalent).

Dans la ville, un centre accueille une colonie de manchots du cap, où on peut les admirer par dizaines. Pour notre part, nous nous contenterons du chemin qui longe leur réserve et où nous pouvons en voir déjà un bon nombre. Ils ont l’air assez curieux pour venir nous voir jusqu’au grillage, tous courbés sous les buissons. On aperçoit même quelques œufs puis des bébés manchots. Deux manchots semblent courir après la même manchote, mais nous ne restons pas suffisamment pour connaître la suite du feuilleton.

Étant dans un port, nous ne pouvons résister à nous faire un bon « Fish & Chips », un bon et généreux filet de poisson frit accompagné de frites ! Qui dit mieux ?!



Aujourd’hui 14 Juillet, jour de fête nationale française, nous décidons de nous rentre à un énième cap de notre voyage, mais pas le moins connu, le cap de Bonne Espérance. Après un peu de route, nous rentrons dans la réserve naturelle de la péninsule où les éléments se déchaînent sur les paysages sauvages, où le vent violent ne laisse rien pousser et où la côte est déchiquetée par le fracas des vagues.

Nous y voilà, Cape Point, le point le plus au SUD-OUEST de l’Afrique ! On peut y trouver deux phares : l’ancien, qui fût construit haut et qui se trouvait trop souvent la tête dans les nuages… et donc invisible. Et le nouveau, construit plus bas sur la barre rocheuse et qui, lui, est vu à près de 63km… A pied, il est aussi possible de rejoindre une petite plage où un panneau nous confirme bien que nous sommes au cap de Bonne Espérance (pour ceux qui en doutaient encore). On prend tout de même la pose pour LA photo que les nombreux cars de touristes entiers viennent uniquement prendre, avant de repartir.
 



Un paysage unique et grandiose qui à sa place en ce jour de fête nationale !

En remontant la côte ouest, nous passons par une merveilleuse route, la Chapman’s Peak Drive, étroite et sinueuse, surplombant magnifiquement l’océan et offrant beaucoup de jolis points de vue. Après quelques arrêts photos, nous débouchons finalement sur Hout Bay où nous faisons escale.



L’attraction ici, à Hout Bay, c’est la colonie de lions de mer à aller voir en bateau à, à peine quelques encablures. Avant de se lancer là-dedans, on fait la rencontre d’un pauvre homme marqué par la vie, assis sur le bord du quai, jetant de la nourriture aux otaries. En réalité, il fait ça depuis des années, et en fait un numéro de rue. Les otaries semblent presque dressées face à lui. Il coince un minuscule morceau de poisson entre ses dents, se penche au-dessus de l’eau et la bête se lance hors de l’eau pour lui attraper, à ras la moustache. Un simple geste de la main et l’otarie se stop devant l’homme, sans attraper son casse-croute. Il nous propose même d’essayer de tendre un de ses morceaux de poisson au bout de notre bras à ses copines ! Un bon moment partagé, et quelques Rand de gagnés pour lui !



Mais ce n’est pas pour autant que nous n’avons pas voulu faire l’excursion pour voir des dizaines de lions de mer sur leur petite île rocheuse. Ils semblent avoir une superbe vie, à se dorer la pilule toute la journée sur leur gros caillou, comme sur une plancha. Sympa !


L’étape suivante nous mène à Groot Constantia, une cave à vin renommée, en partie grâce à un certain Napoléon 1er, qui tomba amoureux de ce vin. Nous en visiterons donc les caves avec un grand groupe de touristes et participerons à une dégustation. Là, c’est retour sur les bancs de l’école ! Tous assis à une table avec nos verres, faces au guide nous expliquant les différences de chacun.

 

Allez, nous avons encore un peu de temps avant de rendre notre voiture bien aimée alors nous en profitons pour faire un peu de route et nous rendre à un endroit que nous avions loupé, à quelque 150km d’ici. Le cap Agulhas, ou cap des Aiguilles, est LE point le plus au SUD de l’Afrique. Et oui, c’est ici, pas au cap de Bonne Espérance, que se situe le point le plus austral du continent africain. Par la même occasion, c’est ici que se situe la démarcation entre l’océan Indien à l’est et l’océan atlantique à l’ouest. Hormis ces deux infos là, le site de Cape Point est beaucoup plus impressionnant. Ici, une simple plage de galets et de rochers et tout de même un phare et une borne marquant le cap.



Pour rentrer sur Cape Town, nous avons emprunté les petites routes et quelques pistes et avons fait halte dans le petit village d’Elim. Un minuscule hameau où toutes les petites maisons sont blanches, et couvertes d’un joli toit de chaume. Le temps de se dégourdir les jambes dans le village en saluant les locaux qui, semble-t-il, ne voient pas des touristes tous les jours.

Voilà, notre voyage en Afrique du sud s’achève bientôt, juste le temps de faire quelques emplettes au Cap et nous irons récupérer les copains en Namibie pour un trip de 3 semaines qui s’annonce fantastique.

Cape Town

Nous voilà presque arrivés à destination, Cape Town, là où nous rendrons la voiture dans 2 semaines. Avant cela, nous traversons la région dite « des vins », tant le nombre de domaines viticoles y est important. En fait, ce serait les premiers colons français (les huguenots) qui auraient emporté avec eux quelques vignes et le savoir-faire qui va avec. Quelques décennies plus tard, de belles caves sont implantées dans la région et proposent de nombreux vins réputés. Pour notre part, ne connaissant pas grand-chose à l’art du vin, nous nous contenterons d’une seule dégustation, chez Solms Delta Estate. Chardonnay et Pinot Noir font partie du menu, et nous rappellent un tant soit peu la gastronomie française. (Oui, ça nous manque franchement !)

Pour ne pas écumer toutes les caves de la région, nous nous sommes occupés en allant jeter un œil aux voitures du Franschhoek Motor Museum qui protège une magnifique collection de voitures en état de marche. Certaines vielles de presque 200 ans et d’autres beaucoup plus récentes évidemment, mais ayant presque toutes le droit à leur présentation écrite. Pour finir en beauté, de splendides Ferrari rouges, comme une cerise (rouge) sur le gâteau.

Notre arrivée au Cap s’est faite en traversant d’immenses townships, (2 millions de personnes parait-il) où il est bien trop facile de se perdre. Ici la misère et la pauvreté règnent clairement et chacun semble essayer de (sur)vivre comme il le peut. Sans doute pas le plus joli visage du Cap, mais un visage à ne pas oublier quand même.

La diversité humaine est de toute beauté en ville : on croise des mamas Africaines aux formes plus que généreuses qui parlent le Zoulou, puis deux autres blanches s’exclamant en Afrikaans, des rastas nous saluant d’un large sourire, nous prenant parfois pour deux des leurs (manque plus que les dreadlocks). Nous avons aussi malheureusement remarqué le grand nombre de mendiants et de sans-abris, fouillant les poubelles. Au moins, mon oreiller et ma couverture du dernier avion auront fait un heureux.



Nous voilà maintenant prêts à arpenter la ville à pied.

Les Company’s Garden nous ont permis de nous dégourdir un peu les jambes dès notre arrivée. Tout proche, le Slave Lodge Museum retrace l’histoire des esclaves qui ont transité par le Cap. Le choc est inévitable quand on découvre le plan de remplissage des bateaux négriers… 400 esclaves serrés les uns contre les autres… Les conditions de (sur)vie à bord auront raisons de beaucoup d’entre eux.

Le second (et dernier) musée que nous avons voulu voir est celui appelé District Six Museum, traitant de l’histoire du quartier du même nom. En 1838, juste après l’abolition de l’esclavage, un quartier a commencé à prendre vie avec l’affluence de plusieurs communautés. Un siècle plus tard régnait ici, entre musulmans, juifs, noirs, indiens, asiatiques, une vraie atmosphère de tolérance et un vrai esprit de connivence. La musique et les fêtes religieuses animaient encore plus ce quartier déjà plein de vie. Puis vint l’Apartheid et ses atroces lois qui déclarent le quartier comme White Area, une zone réservée à la population blanche. A partir de 1966, tout le monde fût mis dehors et les maisons rasées. Cela pris presque 20 ans. Aujourd’hui, certaines familles arrivent à se faire restituer leurs terres avec une nouvelle maison. Dans le hall du musée, un grand plan du quartier fixé au sol est utilisé par les anciens habitants pour signaler là où ils vivaient.

Un soir, pour admirer un joli coucher de soleil, nous avons roulé jusqu’au sommet de Signal Hill, la petite colline surplombant la ville. La vue sur la ville est splendide et la voir s’illuminer à la tombée de la nuit est un spectacle tout aussi grandiose.



Dernière visite culturelle prévue, Robben Island, la petite île-prison qui retenu de nombreux opposants au gouvernement blanc, qui fût encore plus nombreux lors de l’Apartheid. C’est aussi ici que l’icône de la nation arc-en-ciel, Nelson Mandela, fût détenu entre 1963 et 1982 (mais resta prisonnier en ville jusqu’en 1990). Un bus nous a promené à travers l’île en passant devant des lieux importants, comme la carrière où les détenus cassaient des cailloux 8h/jour 5jours/7… Pour la prison en elle-même, c’est un ancien détenu qui a conduit la visite. Il nous a présenté sa cellule qu’il partageait avec 39 autres détenus. Il nous a appris que des cours politiques étaient donnés dans les cellules pour lutter contre l’apartheid. Les têtes pensantes rédigeaient des textes, en informaient les responsables de chaque cellule, qui en faisaient la lecture aux autres. Les membres de l’ANC (le parti de Mandela) furent séparés… en vain. Voilà la preuve que des barreaux ne peuvent pas enfermer vos idées.


Un passage obligé par la minuscule cellule de Mr Mandela du bâtiment de haute sécurité nous a montré une fois de plus les conditions de vie extrême qui y régnaient. Une simple couverture sale leur servait de « lit ». Ceux qui tentaient d’échapper à cette vie et à cette prison étaient simplement exécutés… Voilà pourquoi les prisonniers politiques rejetèrent cette option.



Allez, profitons de notre liberté et de la nature qui nous entoure. Le lendemain nous nous attaquons à la grimpette de la Table Montain, se situant à 1000m au-dessus du niveau de l’eau. Il est possible de monter via un télécabine mais très peu pour nous, bien que la montée raide et rude aura raison de ma tête, mon cœur et mes jambes. Super ! Mais cette 7ème nouvelle merveille de la nature vaut le coup ! Une fois en haut, la vue est bien sûr splendide et on aperçoit même le début de la péninsule. Certains se lancent en parapente et planent longuement au-dessus de la ville. La descente s’est faite par un autre chemin, entre sentier et escalade.



Après le sport, le réconfort ! En guise de cadeau d’anniversaire de Romain ce soir nous allons assister au match de rugby opposant les Springboks contre le XV mondial. Le tout accompagné de bières et de hot-dogs of course ! Bilan : 46-10, une raclée infligée par les Sud-Africains avec 7 essais contre une équipe mondiale peu motivée. Pour nous, une superbe expérience et soirée avant de prendre la route pour la péninsule du Cap pour quelques jours.

Nous rentrons de notre virée péninsulaire le 18 Juillet, dit « Mandela day » (sa date de naissance). Nous croisons deux groupes d’artistes de rues, dont une chorale à vous retourner les tripes ! Un grand moment ! Nous nous trompions en pensant trouver une ville festive et animée. En fait, cette journée est réservée pour faire de bonnes actions, aider les plus démunis, donner de son temps pour la communauté. L’héritage d’un grand homme.

Notre séjour sud-afrcain touche à sa fin et avant de quitter ce pays, nous profitons d’une soirée calme dans le quartier touristique du Waterfront. Puis nous rendons la voiture et passons notre dernière soirée sur Long Street à refaire le monde autour de quelques verres. En prime, une nuit dans un vrai lit dans une auberge ! Wouhouuuuuuu !! Demain on part pour 20h de bus, direction la Namibie, dernier pays traversé de notre trip.


  


lundi 20 juillet 2015

Eastern Cape – Oudtshoorn et Hermanus

Afin de célébrer ce premier jour de Juillet, mais surtout pour fêter dignement les 25 ans de Romain, nous avions prévu de passer la journée en la charmante compagnie de belles dames à plumes, aux jambes interminables…. des autruches quoi !

En effet, la ville d’Oudtshoorn est connue pour ses nombreux élevages d’autruches. Outre les nombreux touristes venant visiter ces fermes, il y a plusieurs intérêts à élever ces drôles de bêtes : ses énormes œufs comestibles, sa viande tendre à souhait et ses douces plumes.

Nous avons donc choisi l’une de ces fermes ouvertes au public, la Chandelier Show Farm. Immédiatement nous faisons connaissance avec notre guide et Betty, une sympathique autruche… stupide, comme toutes les autres finalement. Ce qui pourrait passer pour un jugement personnel est en fait une réalité, puisque cet oiseau (qui ne vole pas) a un œil plus gros et plus lourd que son cerveau… La preuve : Betty a béqueté la polaire de notre guide pendant 2 min, sans jamais comprendre que ce n‘était pas comestible (ce qu’elle fait sans doute à chaque groupe de touristes en plus…). Nous avons bien sûr pu voir des œufs d’autruches, absolument énormes, et tout autant costauds. Chaque œuf peut supporter 107kgs (sur son petit côté, le plus fragile), ce qui permet de se tenir debout dessus sans aucun soucis ! Nous avons aussi eu quelques détails sur l’anatomie de la bête, ses pieds possèdent deux orteils dont une belle griffe servant à se défendre. En cas d’attaque autruchienne, mettez-vous derrière elle, c’est le seul endroit où elle ne pourra pas vous atteindre avec sa patte. D’ailleurs ses pattes sont légèrement palmées au milieu pour ne pas s’enfoncer dans le sable (et non pour mieux nager !). A propos de son cou hyyyyyyper flexible, contrairement aux idées reçues, l’autruche ne met absolument jamais la tête dans le sable… Nous apprenons aussi que les autruches atteignent leur maturité qu’à l’âge de 2 ans (impossible de définir leur sexe avant donc) mais que leur taille est suffisamment intéressante pour l’assiette dès ses 10 mois… Autrement dit, nous ne savons pas si nous mangeons Mme ou Mr Autruche ! Une chose de sûre, c’est le morceau de son anatomie que nous aurons le plaisir de déguster à midi… résultat : la fesse !

Avant de passer à table, un dernier spectacle nous attend, et pas des moindres… grimper sur une autruche ! Yihaaaaaaa !!!

C’est « simple », une fois que la bestiole est attrapée, on lui enfile une chaussette sur la tête et comme par magie, elle ne bouge plus ! Puis on grimpe dessus, en passant une jambe de chaque côté, on se tient fermement à ses ailes et c’est parti ! Pour nous ça ressemble à un rodéo, on essaye autant que possible de tenir en équilibre. Heureusement, les deux « dresseurs » sont là pour retenir la bestiole, éloigner les voisines qui gênent et… vous soutenir quand vous tomberez. Bref, nous sommes montés sur une autruche, et on s’est drôlement bien marrés !

Maintenant, place aux pros, ceux qui maîtrisent la bête à la perfection, nos deux soigneurs, qui vont s’affronter dans une course autour du parc. Chacun grimpe sur sa monture, se place à la porte de départ et… C’est parti ! Les voilà filant à grandes enjambées sans jamais perdre l’équilibre jusqu’à la ligne d’arrivée un peu plus loin ! Bravo mesdames !



Passons maintenant au repas de fête, que nous ferons chez Spur, le Buffalo Grill local (la grande classe quoi…). C’est simple, on est venu pour goûter le fameux steak d’autruche et s’en mettre plein le gosier. Au final : 2 steaks d’autruche de 300gr, 2 steaks de bœuf de 500gr, 8 bières, 2 bouteilles de vin, 2 gâteaux et leur crème et 2 cafés gourmands au whisky. Au dessert, on a même eu le droit à la petite bougie accompagnée de la chanson des employés. Un must ! En partant, le patron est venu nous demander depuis quand nous n’avions pas mangé… Ce matin pourquoi ?

 

Pour nous remettre de cette folle journée, nous nous sommes rendus le lendemain dans la petite ville côtière de Hermanus. Cette petite bourgade est réputée pour être un joli poste d’observation des baleines ! Pour en profiter, nous avons emprunté la promenade longeant les falaises, en espérant apercevoir un jet, une tête ou une nageoire ! Bingo ! Nous en avons vu une belle, juste dans la baie, sauter en l’air avant de retomber lourdement. Grâce aux jumelles nous avons même pu voir celles plus loin, au large, se montrant discrètement.

 

Prochaine étape, la région du Cape ! 






Eastern Cape – Jeffrey’s bay, Tsitsikamma National Park et Krysna

Après ces nouvelles aventures animalières, et une énième nuit dans la voiture, nous nous sommes rendus sur la côte au petit matin, à Jeffreys Bay exactement, haut lieu du surf Sud-Africain. En fait, c’est carrément LE spot du coin, grâce à la vague surnommée « Supertube » qui se forme au loin puis se déroule progressivement jusqu’aux rochers de la plage.

Pour nous, hors de question d’aller patauger dans cette eau gelée pour affronter des vagues monstres. Nous, notre place est sur la terrasse d’observation où nous avons très agréablement petit déjeuner au soleil en admirant les figures improvisés des surfeurs.

Ceux qui jouent les funambules parviennent souvent à la dompter avec grâce mais parfois ça rate… et lorsque c’est la vague qui mène la danse, on s’aperçoit tout de suite de sa force. On a observé un homme sortir de l’eau sans planche de surf reliée à la ficelle attachée à sa cheville. L’océan a dû la lui prendre en arrachant la cordelette. Il a parcouru la plage un moment, en long en large et en travers, sans remettre la main dessus… Comme quoi ça doit secouer là-dedans !


Mais finalement nous avons tout de même décidé de nous mettre à l’eau… sous la douche ! Qui, entre nous, ne devait pas être bien plus chaude que l’océan ! Bbbrrrrr !!!!

Sur notre route nous avons fait un stop au Tsitsikamma National Park, un magnifique parc côtier nous donnant une autre vision de l’Afrique du Sud, celle des côtes déchirées par les éléments. Ici il nous est possible d’emprunter un sentier qui longe la côte sur quelques petits kilomètres jusqu’à une cascade. Cela nous permettra peut-être d’observer un peu de faune marine.

A peine arrivés que la pluie commençait déjà à tomber… Mais décidés à faire notre rando et à se dégourdir les pattes, nous enfilons les vestes et nous nous mettons en route.
Une fois que nous étions lancés, la pluie s’est intensifiée et n’a pas daignée s’arrêter durant toute notre balade. Résultat : trempés jusqu’aux os au bout de 15 min, et pas moyen de sécher. Mais peu  importe, comme on nous disait souvent en Amazonie : « C’est juste de l’eau ! ».

Sur le sentier, hormis nos pieds et les gouttes d’eau tombant de nos capuches, nous avons vu peu de choses. En fait, l’environnement faisait assez hostile, entre le temps de chien que nous avions et les vagues qui se fracassaient contre les rochers tout proches. Cela renforçait encore le côté sauvage déjà bien perceptible de cette côte. Nous avons donc atteint la jolie cascade qui se déversait à quelques dizaines de mètres seulement de l’océan, via un grand bassin naturel.

 

En chemin se trouve aussi une grotte s’enfonçant assez profondément pour ne pas en apercevoir le bout… Forcément, j’ai voulu voir jusqu’où ça allait… Une fois mon sac posé à l’entrée pour être plus à l’aise et avertir de ma présence dans la grotte, j’ai commencé à progresser à tâtons dans la pénombre. (Oui parce que sans lampe frontale c’est beaucoup plus drôle !). Finalement, après plusieurs dizaine de mètres, quelques glissades, et aucune bête féroce, je ne vois plus l’entrée et de l’eau s’étend devant moi… Je suis au bout. Je remarque sous un rocher un sac, qui contient une boite, qui contient, elle, une quantité de choses ramenées par des « explorateurs » comme moi aujourd’hui : un carnet, des stylos, un savon, un truc énergisant, un bouchon de pêche,… Je laisse un petit mot et un souvenir et m’en retourne au grand air.

De retour à la voiture, trempés par la pluie qui tombe encore, et boueux de mon excursion dans la grotte, nous prions pour pouvoir nous laver. Euréka ! Des douches et même de l’eau chaude ! Quitte à ce que tout soit trempé, ce sera douche ET lessive ! Grand nettoyage de l’été ! (ou de l’hiver ici)


En poursuivant encore et toujours notre route nous avons fait une halte pour la nuit à Plettenberg Bay, sur une plage beaucoup plus calme.

La prochaine étape fût Krysna (qui ne se prononce absolument pas comme vous venez de le faire mais « Naï-zna » ou quelque chose s’en rapprochant). Et si cette ville vous semblait inconnue, elle devrait peut-être vous rappeler un lointain souvenir maintenant que vous le prononcez « correctement ». Rien d’historique cependant, c’est juste ici que l’équipe de France de foot fît son scandaleux caprice dans le bus lors de la coupe du monde de 2010.

Heureusement, cette petite ville a d’autres attraits, comme ses townships, qui n’ont rien à voir avec les gigantesques townships de Jo’burg. Ici les maisons sont adossées à flanc de colline et même si la plupart sont fait de bric et de broc, certaines sont en dur, mélangeant pierres et bois, et nous feraient presque penser à de très modestes petits chalets. D’autres structures encore plus étranges garnissent les rues, des conteneurs ayant gagné une seconde vie de barbier, de coiffeur, de superette… Autour de tous ces éléments, la vie s’anime joyeusement et nous avons plaisir à circuler et à découvrir ces lieux.

 

La dernière raison de notre arrêt ici était la présence d’une brasserie, que l’on a pu visiter. La brasserie Mitchell’s Brewery produit 6 bières différentes, mais toutes artisanales et bios. Evidemment, nous avons pu les déguster avant de participer à une intéressante visite guidée. Celle-ci nous expliquant toutes les étapes de fabrication de la bière (entre autres le broyage, la cuisson et la fermentation). Délicieux et intéressant en même temps !


Après une fin de journée au calme nous reprenons le lendemain la route pour l’intérieur des terres, le pays des autruches. 

samedi 11 juillet 2015

Eastern Cape – Addo Elephant Park

La route côtière ne présente que peu de points d’intérêt au sud de Durban, mais nous avons du temps devant nous et refusons de traverser toute une partie du pays sans s’arrêter y jeter un œil. Nous ferons donc deux petites haltes.

La première a été à Port St John’s, un petit bourg niché entre les collines verdoyantes, encore épargné par le tourisme de masse. Rien ne semble être fait pour nous d’ailleurs, ce qui rend peut-être cette petite ville attachante. Il paraitrait aussi que les touristes sont tenus à l’écart par les requins, voraces dans le coin, qui ont fait élire leur plage « la plus dangereuse du monde » avec 1 mort/an… Ne nous emballons donc pas non plus !

N’ayant aucune intention d’aller défier les requins sur leur territoire, nous sommes restés sur le nôtre, et sommes allés admirer le point de vue depuis le phare tout proche. Un homme s’y trouvait, il nous affirme qu'il a vu des baleines, au pied de la falaise du phare, hier matin à l’aube… Tant pis, nous gardons ça pour une prochaine fois !

En roulant encore quelques heures on arrive à East London, qui  ne sera pour nous qu’une étape pour donner des nouvelles, boire un verre et y passer la nuit. Comme un lot de consolation pour les baleines ratées de l’avant-veille nous apercevons un petit groupe de dauphins, nageant non loin de la plage.

Encore plus loin sur la route du cap, se trouve un parc dédié au plus gros mammifère terrestre, l’Addo Elephant Park. Un safari de plus, qui nous réussit toujours autant !


Les premiers à se montrer sont bien évidemment les éléphants, par troupeaux entiers, monopolisant la piste sur laquelle nous roulons. Nous en avons compté 17 à un moment donné, sur notre chemin… Dans ce cas, impossible de forcer le passage, c’est bien eux les plus gros… Il nous faut simplement attendre qu’ils se bougent ! A un autre moment, deux éléphants jouaient ou se battaient au beau milieu de la route, s’élançant l’un vers l’autre avec vigueur en mêlant leurs trompes. Parfois, l’un d’eux reculait. Là aussi, mieux vaut ne pas être trop près, mais bien prêt à reculer à vive allure au moindre mouvement suspect… Nous avouons avoir eu deux ou trois coups de chaud lorsque l’éléphant nous regarde d’un air peu rassurant, bat des oreilles, puis fait un pas vers nous… Finalement, aucune charge à déclarer !


Nous avons aussi pu apercevoir quelques buffles et leurs cornes formant un casque, de nouvelles antilopes encore jamais aperçues, les Redbucks, aux cornes moins jolies que l’impala ou le kudu. Présents en grand nombre ici, nous avons aussi apprécié regarder les phacochères, petite bête laide mais attachante, détalant au petit trot, la queue droite au moindre bruit. Puis nous avons pu voir un drôle d’oiseau, un vrai cette fois, l’autruche. La différence de sexe est flagrante, même de loin : les femelles portent un plumage grisâtre tandis que les mâles sont recouvert par un sublime plumage noir, utilisé autrefois dans la mode. Elles peuvent aussi courir à toute vitesse, un peu dans tous les sens, sans donner l’impression de savoir où elles vont.

 

Mais une fois de plus, notre journée allait être sublimée par un animal qui se laissait désirer : le roi de la savane, le lion.

 

Wouhouuuuuuuuuuuuuuuuu !! Ça y est, nous l’avons vu ! Le fameux lion qui recouvre toutes les brochures de safari du pays, celui que nous cherchons dans la brousse pendant des heures à en perdre espoir. Et finalement, ils sont deux à se montrer, marchant tranquillement le long de la route avant de se poser dans l’herbe rase pour s’accorder une petite sieste. Les gros matous sont impressionnants de par leur taille, celle de leurs pattes, leurs crinières (encore plus épaisses que celles que nous portons actuellement). Les voyant s’allonger, puis rugir de temps à autres, nous nous demandions si nous ne verrions pas les lionnes revenir de la chasse avec le déjeuner dans la gueule… Nous avons donc longtemps attendu qu’il se passe quelque chose… En vain !


 

Comme si cela ne suffisait pas à notre journée, peu de temps avant la fermeture du parc nous avons croisé un groupe de chasseurs quadrupèdes : 3  guépards, toujours sur la route, scrutaient les environs apparemment à la recherche de leur diner. Le premier ne quittait pas la route, et marchait paisiblement, tandis que les deux autres balayaient le secteur en s’enfonçant dans les forêts et en revenant à toute vitesse. Tous s’attendaient, comme un vrai commando préparant son attaque. En les suivant pendant plusieurs centaines de mètres, nous avons fini par arriver sur la plaine, leur terrain de jeu. Tout proche, un troupeau de Redbucks broute en toute quiétude, sans se savoir observé par nos 3 affamés. Quelques instants plus tard, toutes les gazelles sont tournées vers nous, les chasseurs sont repérés, ils abandonnent pour ce troupeau. En se remettant en route pour la chasse, ils ont croisé la route d’un malheureux bébé antilope avec lequel les guépards ont semblé jouer l’espace d’un instant. Elle n’aura pas survécu longtemps aux pattes de ses prédateurs et finira rapidement engloutie. Une minuscule proie pour 3 estomacs de chasseurs, cela semble peu et nous pensons qu’un second service est prévu ! Malheureusement pour nous, nous ne pouvons guère assister plus longtemps aux hostilités, il nous faut quitter le parc avant la nuit noire.

 

Demain nous retournons sur le littoral, ses grosses vagues, ses surfeurs, sa côte sauvage…