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dimanche 9 novembre 2014

Uyuni – Le Salar et le Sud Lipez


Uyuni est l’une des portes d’entrée pour se rendre dans le Salar et dans le Sud-Lipez. Compte tenu de l’étendue de ces zones, les services d’un guide et d’un 4x4 sont absolument nécessaires. Alors évidemment les agences se bousculent pour vendre leur tour. Mais de toute façon les prix sont quasiment alignés et les programmes des tours identiques. D’autant plus que les agences regroupent les touristes en fonction des places disponibles dans les véhicules. C’est finalement donc au petit bonheur la chance. Après avoir consulté plusieurs agences et avoir hésité, nous bookons un tour de 3 jours et 2 nuits avec l’agence Tito Tours, qui nous semblait bien fiable … Nos quelques péripéties, sans gravité, nous donneront tort mais nous laisseront de drôles de souvenirs !


Le départ s’est effectué bien en retard, à l’heure bolivienne disons … Mais surtout notre 4x4 n’était pas là. Finalement, nous avons été casés dans une voiture où une famille argentine avait pris place. La communication allait être difficile mais ça nous ferait pratiquer ! Notre chauffeur-guide a pris place lui aussi. Il n’était en réalité, ni guide, ni même chauffeur ! Il ne parlait pas, ne nous donnait aucune information et semblait novice dans la conduite d’un 4x4. Nous formions un duo avec un autre véhicule dont le chauffeur, Omar, était compétent et expérimenté. Heureusement qu’il était là pour nous donner les explications nécessaires et pour faire face aux problèmes techniques … ! Le deuxième jour, au milieu du désert, nous avons rencontré un problème de frein, celui-ci bloquait la roue. Omar a enfilé sa combinaison et s’est mis à démonter la roue, puis a décidé d’enlever le frein mais pas complètement. Il l’a tout simplement attaché au châssis avec du fil de fer… Un autre guide-chauffeur qui passait par là est intervenu et ils ont décidé de l’enlever complètement. Un seul frein suffira-t-il ? Et bien oui !

Notre chauffeur nous a tout de même permis de bien rire. Son état de lassitude, sa fatigue permanente et son désintérêt pour son travail étaient risibles.

Nous avons débuté par la visite d’un cimetière des trains. Visite originale puisque d’anciens trains, servant autrefois au transport des minerais, sont là, perdus en plein désert et sont rongés par le temps et par la rouille. Ensuite, nous avons entamé la traversée du fameux désert de sel. Perché à 3650 mètres d’altitude, ce désert d’une superficie de plus de 10 000km² est formé d’une couche de sel qui peut atteindre entre 10 et 15m, sous laquelle se trouve de l’eau. En réalité, il y avait à cet endroit l’océan, qui avec les milliers d’années, s’est évaporé, ne laissant qu’une épaisse croute de sel. A certains endroits, la croute de sel n’est que d’une quarantaine de centimètres, ce qui nous a permis de voir l’eau sous le sel. Lors de la saison des pluies, il est possible que certaines zones ne soient pas praticables puisque l’eau monte trop haut et immerge la couche de sel.

Seul le sel sur les bords du salar est exploité à l’aide de moyens assez rudimentaires. Le sel est utilisé pour l’industrie alimentaire bien sûr, mais également pour les constructions. Ailleurs, la couche de sel est trop épaisse et son  traitement nécessiterait de performants outils.






Le sel ressemble à de la neige, voire de la glace. Une immense étendue de blanc éblouit l’œil du visiteur et reflète les rayons du soleil. Un tel décor permet de s'amuser avec les photos =)




Perdu au milieu du salar, se dresse un hotel de sel – faisant désormais office de musée – ainsi qu’une grande sculpture, de sel évidemment, symbolisant le passage du Dakar 2014.




Nous avons fait une seconde pause sur l’Ile de Incahuasi qui constitue l’un des seuls reliefs de ce salar et où se dressent de gigantesques cactus. Elle nous a permis d’avoir une vue un peu en hauteur du désert, c’était incroyable. 


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Pour finir la première journée, nous avons dormi dans un hôtel de sel, juste à la sortie du Salar ! Tout de sel construit ! Les tables, les tabourets, les lits, les murs, etc. Nous avons tous les deux bien dormi dans cet environnement particulier. 




Le lendemain, nous avons beaucoup roulé, plutôt à travers le Sud Lipez, qui n’est pas un désert de sel, mais un désert « normal », de sable et de roches creusées par le vent et l’eau. Après une pause à l’arbre de pierre, nous avons vu de magnifiques lagunes, notamment la Laguna Colorada, très rouge en raison de sa composition. C’était splendide. Dans ces lagunes nous avons vu des centaines et des centaines de flamants roses. Les observer de près à la jumelle était superbe !



Le soir, nous avons dormi dans une auberge plus rudimentaire, mais la bonne ambiance était là et réchauffait l’atmosphère. Il faisait quand même beaucoup moins froid qu’en juillet/aout où les températures peuvent descendre à - 10° ! La famille argentine avec qui nous arrivions à bien discuter nous ont fait découvrir le maté qui se boit avec une paille de métal « bombilla ». Leurs réserves en biscuits et chocolat semblaient inépuisables, un vrai régal, gracias !

C’est à l’aube, vers 4h30, que nous nous sommes réveillés le dernier jour pour aller voir des geysers. Le spectacle était fou ! Plus on y va tôt le matin, plus la différence entre la température extérieure et celle sous-terraine est forte, donc plus le geyser est fort. Ca bouillonnait, faisait gicler de la boue au milieu de la toute la vapeur qui s’échappait avec une pression parfois très forte ! Une vraie cocotte-minute ! Le tout dégageait une forte odeur d’œuf pourri (de souffre ?).


Nous avons repris la route pour arriver à la dernière lagune, la lagune blanche où se reflète le relief. Elle se situe à cinq minutes de la frontière. Un bus doit nous y attendre pour nous amener à une cinquantaine de kilomètres, à San Pedro de Atacama. La Bolivie c’est bientôt fini pour nous !!


NB : La sélection des photos a été difficile, on en mettra plus dans le diaporama prochainement =)

dimanche 2 novembre 2014

Potosi

Après la visite de la mine, nous avons visité la Maison de la Monnaie, immense bâtiment qui servait à frapper la monnaie jusqu’au milieu du XXème siècle. Située à Potosi grâce à la mine, riche en argent, elle contient encore les machines utilisées. Les 11 fonderies, les trois énormes laminoirs (activés chacun par 4 mules) pour affiner les lingots, et enfin les nombreuses machines permettant d’estampiller la monnaie. Avec le temps, ces machines ont été remplacées par des machines à vapeur puis à moteur, encore visibles aujourd’hui



Les collections de pièces nous ont permis de voir l’évolution de celles-ci : au début seul le poids d’argent utilisé à la fabrication donnait la valeur aux pièces, elles étaient grossièrement découpées au ciseau avant d’être estampillées avec leur valeur. Leur forme imparfaite incitait certains à les raboter afin de récolter un peu de matériau permettant de gagner de l’argent sans changer la valeur de la pièce. C’est la raison pour laquelle, elles sont ensuite découpées de manière très circulaire et bordée d’un cercle afin que personne ne puisse les raboter. Haha futé !

A la sortie du musée, nous avons assisté à une scène populaire, sans bien comprendre au début. Un long cortège de personnes, de deux ambulances et d’une fanfare déambulait autour de la place principale. Une immense foule était rassemblée et semblait émue, beaucoup pleuraient, d’autres agitaient un foulard blanc… S’il était évident qu’il s’agissait d’un cortège funéraire, nous ne savions pas de qui il s’agissait pour rassembler une telle foule et susciter autant d’émotion… Renseignements pris, il s’agissait de l’arrivée des huit cercueils des jeunes de tout juste 18 ans d’une école de Potosi, décédés lors d’une sortie scolaire à Cochabamba la veille … Nous restions, nous aussi, sans voix devant cette scène.


Dès le lendemain matin, nous avons pris un bus pour Uyuni, au sud de la Bolivie. Au menu, 5h de route !

La mine de Potosi

Potosi est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde avec ses 4090 mètres d’altitude.

Arrivés en fin de journée, nous avions pour objectif de booker notre visite de la mine de Potosi le lendemain. Si le Routard invite à s’interroger sur la visite de la mine, où des personnes y travaillent et y meurent, nous avions envie de se confronter à cette réalité, en tentant de rester les plus discrets possible. Ayant fait plusieurs agences, nous décidons de partir avec Big Real qui est une agence d’anciens mineurs, nous aurons donc un retour d’expérience sincère et peut être plus vivant qu’avec un guide professionnel. Effectivement Wilson, notre guide, a travaillé 21 ans dans la mine.

La mine est creusée au cœur du Cerro Rico (montagne riche) qui est la montagne qui domine Potosi. Elle est exploitée depuis le XVIème siècle et l’arrivée des Espagnols, grâce aux informations fournies par Huallpa qui aurait découvert la mine suite à la disparition de ses lamas. En les cherchant, il aurait passé la nuit dans la montagne et en faisant du feu pour s’éclairer, aurait fait briller tous les minéraux. On dit aussi qu’elle aurait été d’abord découverte par un Chef Inca mais Pachamama lui aurait envoyé le message selon lequel son exploitation n’est pas faite pour les Incas. Sous la domination espagnole, les indigènes ont été exploités dans cette mine.

Cette énorme montagne est une mine de minéraux, surtout d’argent, de plomb et de zinc, mais pas uniquement. Elle a fait la fortune de Potosi et a dégagé de profits colossaux, dont beaucoup ont été gaspillés par les Espagnols tandis que la France en a bénéficié. Exploitée donc depuis plus de 400 ans, elle l’est toujours aujourd’hui, avec plus de 10 000 personnes qui y travaillent. Cela dit, Potosi a perdu de sa grandeur et les recettes sont aujourd’hui moindres.


La mine de Potosi est aujourd’hui pour partie privée, pour le reste, divisée en coopératives de mineurs.

Départ à 8h45 pour la visite, nous faisons d’abord un arrêt au Marché des Mineurs. C’est l’endroit où les mineurs s’achètent leur propre matériel (dynamite, masque, pioche, etc.), mais aussi de quoi supporter le travail comme des boissons, des cigarettes, des feuilles de coca par exemple. En effet, les feuilles de coca sont consommées par tous les mineurs ou presque. Si elles ne rendent pas plus fort, elles permettent de mieux supporter le travail. Sous la domination espagnole, les feuilles de coca ont été d’abord interdites, mais se rendant compte des vertus sur leurs esclaves, les conquistadores les ont autorisées de nouveau, tout en en gérant le business. Les indigènes n’avaient ni nourriture ni eau et travaillaient 48h de suite, la seule solution pour tenir ce rythme était donc de mâcher sans cesse des feuilles de coca. « Ainsi les esclaves achetaient à leurs maitres la drogue leur permettant de supporter l’esclavage. »

Sur ce marché, il est proposé aux « visiteurs » (c’est mieux que touristes...) d’acheter des choses sur le marché et de les offrir aux mineurs croisés dans la mine.

La seconde étape de la visite est la raffinerie. C’est l’endroit où toute la roche est apportée. Elle est broyée avec de l’eau grâce à d’énormes cylindres puis elle est mélangée à des solvants afin de faire remonter les minéraux. Ensuite, ceux-ci sont séchés au soleil afin d’obtenir une poudre. Dans cette poudre, les minéraux sont mélangés, mais dans la raffinerie visitée, on ne s’occupe pas de les séparer, ils sont vendus en l’état. Nous avons compris que le reste de roche est rejeté dans la nature, sur la colline voisine, certainement avec les solvants utilisés… Par ailleurs, la montagne elle-même est particulièrement sale, beaucoup de déchets jonchent ses flancs. Même l’intérieur de la mine est sale, ce que portent les mineurs est suffisamment lourd pour ne pas s’encombrer de déchets supplémentaires… les bouteilles en plastique restent donc dans ce labyrinthe de galeries.

Enfin, nous pénétrons dans la mine par l’une des entrées (il y en a plus de mille). J’ai oublié de vous dire qu’avant d’entrer dans la mine, nous nous sommes équipés ! D’épaisses bottes en caoutchouc, un pantalon et une chemise de protection nous ont été remis, mais surtout un masque et un casque avec une lampe frontale. De vrais petits mineurs … Nous avons marché en tout 2h dans la mine, d’abord le long de rails sur lesquels sont poussés les chariots pleins de roche, puis sur le sol brut. En effet, dans la mine il y a trois moyens de transport : le dos, la brouette et les wagons.

















Les mineurs creusent soit à la pioche (comme à l’époque coloniale), soit à la dynamite, soit au marteau piqueur. Ensuite, soit ils chargent directement la roche dans des chariots, soit ils remplissent d’abord des sacs en plastique très épais, qu’ils avancent vers la sortie à la brouette, puis qu’ils chargent sur les chariots. Si en descente le contrôle du chariot nécessite de la maitrise, en montée, il ne faut pas moins de 4 hommes pour pousser et tirer le chariot …


Nous avons pu assister à l’ensemble de ces étapes : le port des roches à dos d’homme, la pousse d’un chariot d’une tonne, le contrôle du chariot en descente (et là je vous assure qu’il faut se faire mince le long de la paroi), le transport à la brouette, le chargement des sacs sur le wagon, l’utilisation du marteau piqueur, mais aussi l’utilisation de la dynamite… Nous entendions le bruit des déflagrations et sentions leur souffle… stupéfiant …


Les mineurs que nous avons vu (et tous les autres) fournissent de tels efforts physiques … La chaleur, la fatigue et la souffrance se lisaient sur leur visage. L’un des mineurs était dans la mine depuis 3h du matin, il était 11h, il semblait juste à bout de force, mais continuait de charger son dernier wagon, qu’il faudrait remonter après … On se demande peut être pourquoi des hommes et des enfants (le plus jeune a 11 ans, pourtant officiellement il est interdit de travailler dans la mine en dessous de 18 ans) continuent de faire ce travail de forçat. Tout simplement parce que cela peut rapporter beaucoup, près de 3000 bolivianos par mois, soit plus du double du salaire moyen.

A cela il faut rajouter les galeries qui ne sont pas toujours très hautes, les échelles à la verticale, il faut progresser penché à la lumière de sa frontale, dans la boue ou les poussières. Bref, nous avons apprécié « être » des mineurs le temps de quelques heures, mais la réalité est vraiment difficile pour tous ces travailleurs.



Cochabamba – Sucre

Levés tôt, nous prenons place dans le bus qui va nous ramener à Cochabamba. La route tremblait toujours autant mais cette fois-ci nous avons pu voir la beauté des paysages. Le décor faisait assez Jurrasik Park, terre très rouge, végétation assez verte. Après avoir vu les traces de dinosaures, on s’y croirait presque !

De retour à Cochabamba, nous prenons directement nos tickets de bus, pour le soir même direction Sucre. Mais c’est un peu avant que nous avons eu la première mauvaise surprise du voyage … Mon portefeuille avait disparu … Soit je l’avais perdu, soit on me l’avait piqué. Nous avons refait le scénario depuis la descente du bus, et sommes arrivés à la conclusion suivante : le vol. Lorsque nous avons traversé le marché bondé de monde, alors que nous marchions d’un pas pressé, deux personnes m’arrêtent pour ne pas que je marche sur la veste de l’un d’entre eux qui était par terre. Je me suis alors arrêtée, j’ai regardé par terre, la veste était toute bien pliée à ma droite, je ne marchais pas du tout dessus puis j’ai repris mon chemin. Mais trop tard, je m’étais arrêtée … Bref, après inventaire, rien de vraiment important ne nous a été dérobé. Je devais avoir 200 bolivianos, l’équivalent d’une vingtaine d’euros, des tickets usagés, des tickets d’entrées et la photocopie de mon passeport. C’est surtout très énervant de s’être faite avoir de cette façon, il a fallu quelques heures pour me calmer et quelques jours pour que ma paranoïa s’estompe !

Après cet incident, nous avons attendu notre bus le reste de la journée et sommes tombés sur une fête populaire où les régions exposaient leurs spécialités culinaires et leurs danses. Le trajet du bus de 8h s’est fait aussi dans le mouvement en raison de la route non goudronnée. Arrivés au petit matin à Sucre nous sommes partis à la recherche de notre hostel. Deux essais plus tard nous tombons sur l’hostel qui nous a été recommandé par un couple de français rencontré à Toro Toro (B&B Condor). Avec un peu d’insistance, nous finissions par réveiller le propriétaire ou le réceptionniste qui nous accueille à bras ouverts en dépit de l’heure matinale… C’est un superbe endroit récemment ouvert, les chambres donnent sur un jardin où il fait bon se reposer ! A notre tour de le recommander vivement !


Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie mais a bien fait de laisser le monde, le bruit, la pollution et l’architecture désordonnée à sa rivale de toujours, La Paz ! Sucre est si agréable à vivre avec ses jolies places vertes, sa température idéale, ses bâtiments coloniaux, on y passerait facilement une semaine.


Nous y avons passé seulement deux jours et demi et avons visité le cimetière où se presse la population le dimanche, le musée Charcas (pour partie en rénovation, dommage !), et la Casa de la Libertad. Lors de la visite de cette dernière nous avons pu entendre l’histoire de la Bolivie en français, avec sa domination espagnole, ses révoltes pour l’indépendance déjà initiée par les indigènes et enfin son indépendance obtenue en 1825 grâce aux libérateurs de l’Amérique latine : Le Maréchal Sucre et Simon Bolivar. Toutes les villes du continent ou presque ont des rues ou des parcs à leurs noms. Toujours à la Casa de la Libertad nous avons vu les portraits des 65 présidents de la Bolivie, dont le dernier en date est Evo Morales, fraichement réélu depuis le 12 octobre 2014.


Sucre nous a beaucoup plu et nous a permis de nous reposer un peu, mais il est temps de partir pour Potosi, à 3/4h plus à l’ouest.

Le Parc Toro Toro

L’accès au parc se fait depuis Cochabamba, 3ème ville du pays où nous avons passé notre première journée à organiser note excursion au parc Toro Toro. Deux choix s’offraient à nous, y aller par nos propres moyens ou passer par une agence directement depuis Cochabamba. Les principales différences sont la facilité d’organisation et le prix. Une fois sur place, les excursions se font obligatoirement accompagnées d’un guide et pour certaines un véhicule est indispensable. Après quelques heures et calculs, nous décidons de se lancer en autonomie, on verra bien une fois sur place !

Le bus était à 18h pour 5h de trajet. La route était difficile, c’était une piste parfois, sinon une route faite de galets bien alignés mais qui font beaucoup trembler le bus. Sans compter les fréquents arrêts pour faire descendre du monde et des sacs à patates, au milieu de nulle part. Bref, malgré l’heure tardive nous avons trouvé sans difficulté notre hébergement pour les trois jours. Nous convenons d’un rendez-vous le lendemain avec le couple de français rencontré dans le bus afin de partager le guide et de partir pour la première excursion. Le premier jour, nous avons donc marché 4/5h aux cours desquelles nous avons pu voir des traces de dinosaures (si si !), un pont pétrifié, descendre au fond du Canyon (et en remonter bien sûr …) pour voir la cascade El Vergel. Très belle excursion arrosée d’un magnifique soleil qui nous a permis notamment de voir de superbes perroquets voler dans le Canyon.




A Toro Toro, nous avons eu la bonne surprise de retrouver un couple de français avec qui nous avions fait le trek de Santa Cruz et d’autres français rencontrés à notre auberge à La Paz. Nous nous sommes retrouvés pour le diner et avons passé une très bonne soirée !

Au programme du second jour étaient prévues les visites de la Ciudad de Itas et la grotte de Umajalanta. Nous avions informé notre guide que nous aurions besoin de ses services et d’un véhicule le lendemain. Pourtant il a fallu attendre plus d’une heure et demie afin de pouvoir partir. En effet, le guide nous disait « no hay cocche » … C’est finalement à bord d’un véhicule privé appartenant à une famille bolivienne, venue aussi visiter le parc, que nous avons embarqué. A 11 dans une Toyota, on était large ! La Ciudad de Itas n’a de ville que le nom, c’est en réalité un site naturel, creusé par l’eau et les millénaires qui peut faire penser à des constructions humaines, comme des arches de pierre, des colonnes, des voutes et même une « cathédrale » de plusieurs mètres de haut. Le retour à la voiture s’est fait en hauteur sur « de la terre craquelée et pétrifiée », vraiment étrange !






Un pic-nique avalé et direction la grotte de Umajalanta ! La famille qui nous accompagnait n’a pas souhaité y descendre, c’est donc sans elle que nous nous sommes équipés de casques et de frontales pour une expérience de spéléologie au fond de la grotte ! Nous n’avons pas été déçus par le chemin emprunté par le guide, des parois glissantes à descendre le long des cordes, des rochers à escalader, des failles à traverser, des galeries où il a fallu ramper … Claustrophobe s’abstenir ! La grotte contient également de nombreuses stalagmites et stalactites, ainsi que des cascades dont on ne perçoit que le bruit, il fait trop noir sinon. Au bout de presque 1h30, voir l’ouverture de la grotte et la lumière du jour était presque appréciable :) !


C’est quelque peu fatigués que nous sommes rentrés à l’hôtel pour diner dans notre chambre, comme nous commençons à en avoir l’habitude ! Le bus retour est à 6h demain, aïe ça va piquer !

dimanche 26 octobre 2014

La Paz

Dans le bus qui nous y a emmené, nous essayons de réfléchir à quoi ressemblerait La Paz et à quelle autre capitale pourrait-elle se comparer. Nous avons rapidement eu notre réponse : aucune. Nous avons d’abord traversé en bus El Alto, une immense banlieue perchée dans les hauteurs de la ville, à 4000m d’altitude, regroupant pas moins de 800 000 habitants. Elle abrite aussi un marché gigantesque où règne un certain chaos : noir de monde, des dizaines de minibus essayant de se frayer un chemin et finalement restant coincés entre les échoppes. Ensuite, nous avons rejoint le centre-ville, quartier historique, 800m plus bas. Notre arrivée dans ce quartier s’est faite en musique, grâce aux fanfares des différentes écoles, mais aussi sous la pluie et la grêle… Bienvenue à la Paz !


Nous y avons passé 3 jours seulement, avec un programme peu chargé, car on fait rapidement le tour des lieux touristiques (même en crapahutant difficilement sur des pentes à 25% à presque 4000m…), mais d’après nous La Paz ne mérite pas que l’on s’y attarde plus de temps.

Après avoir aperçu le marché d’El Alto la veille, nous avons débuté notre visite en se rendant dans les différents marchés de la ville. Le premier,  le Mercado Lanza, un marché couvert  entièrement bétonné, à plusieurs étages, (sans grand charme donc !) dans lequel sont regroupés des dizaines et des dizaines de marchands, vendant de tout, des légumes jusqu’aux produits de beauté. Comme souvent dans les marchés, il s’y trouve aussi un « patio de comida », où l’on peut déjeuner sur le coin d’une table pour quelques bolivianos. Pour simplifier notre choix, la moitié des stands étaient fermés ce jour-là… mais c’est ainsi tous les jours semble-t-il ! Le second, vendant davantage d’artisanat est forcément plus touristique et s’étend dans les rues autour de l’église San Francisco, au bord de la place centrale, la Plaza de los Héroes. C’est dans ce quartier-marché que de nombreux touristes font leurs emplettes à bon marché : ponchos, bonnets, charangos… Nous y ferons seulement le change de nos derniers Nouveaux Soles. L’un des derniers marchés visités, mais pas le moins étonnant, est celui de Las Brujas, dit des Sorcières. Il s’y vend toutes sortes de remèdes : Coca sous toutes ses formes, pierres magiques, poudre de perlimpinpin et le plus étonnant des fœtus de lama (beurk !) qui sont généralement enterrés sous les nouvelles constructions. Nous avons fini par un marché plus moderne, le Supermarché, où nous avons pu trouver de quoi nous sustenter pour les prochains jours !


Place à la culture maintenant ! Nous avons visité le musée de la Coca et inévitablement de sa dérivée, la cocaïne. Très instructif et passionnant, même si leurs données ne semblent pas tout à fait à jour. Pour terminer notre visite, Cécile a pu essayer le bonbon à la Coca, qui a fini par lui anesthésier la bouche !

Pour compléter notre visite de La Paz, et aussi parce-que le temps ne se prêtait pas à la ballade (temps gris et grosses pluies par moment qui dévalaient les rues pentues), nous avons passé une demi-journée partagée entre 4 musées municipaux : Le musée des coutumes (folklores), celui du littoral bolivien, la casa de Murillo, et enfin celui des instruments musicaux qui a reçu toutes nos faveurs. Nous avons pu apprécier des représentations des grandes batailles qui ont marqué l’histoire, l’évolution du territoire ainsi que les fêtes traditionnelles.

En bref, La Paz ne nous laissera pas un souvenir impérissable, mais nous aura permis de prendre du temps pour nous et pour nos estomacs. =) C’est donc sans regret que nous prenons la route, de nuit,  pour Cochabamba afin de pouvoir rejoindre le parc naturel Toro Toro.


La Isla del Sol – Lac Titicaca

Après avoir fait un peu de change avec les nouveaux soles qui nous restaient, nous partons pour l’Ile du Soleil. Pour y aller, deux heures de bateau sur le lac sont nécessaires. Nous commençons à réaliser l’étendue et la beauté du lac qui alimente de nombreuses légendes.

Ce lac est le plus haut du monde, perché à 3800 mètres d’altitude. Il est partagé par le Pérou (55%) et la Bolivie (45%). Le Lac a la forme d’un puma (à l’envers sur une carte), d’où son nom le Lac Titicaca (prononcer « Titirharha »)  L’île du soleil porte très bien son nom puisque nous avons eu un ciel d’un bleu éclatant avec aucun nuage à l’horizon. L’intensité du soleil nous faisait presque oublier l’altitude ! Nous avons débarqué au port Sud de l’île avec pour projet de prendre le bateau retour le lendemain au nord. Même si l’île n’est pas très grande, passer une nuit au beau milieu du Lac Titicaca vaut le coup.


Après quelques heures de marche tranquille en plein soleil, et après m’être fait cracher dessus par un lama nerveux (il s’est pris une brassée par sa propriétaire !!) nous sommes arrivés au bout de l’île où il y a quelques ruines Inca, et avons trouvé un endroit idéal pour planter la tente cette nuit. C’est un peu venté, mais nous protégeons le coté de la tente par une rangée de pierres afin d’atténuer les effets du vent. Au cours de la balade nous avons eu une superbe vue sur la Cordillère Royale, située en Bolivie, et ses monts enneigés.


Attendant le coucher du soleil, je me reposais, tandis que Micka est parti affronter le Lac … Il voulait ramener de l’eau et EVENTUELLEMENT une bonne truite pour le diner ! Je m’en régalais d’avance … Mais 45 minutes plus tard, il est revenu bredouille (avec l’eau quand même). La raison ? Un fil de couture trop fragile, un trombone pas assez affuté pour faire un hameçon efficace, un « plomb » (= une pierre) faisant céder la ligne, mais surtout l’absence totale de poisson dans la zone … Un stage s’impose ! Tant pis, ça sera nouilles, cuisinées tout de même avec amour sous l’avancée de la tente.

Nous avons pu assister au coucher de soleil sur les montagnes bordant le Lac Titicaca. Nous pensions que d’autres campeurs viendraient planter leur tente, mais nous avons été seuls… Seuls et tous petits, sur une île qui compte plus de moutons que d’habitants, au milieu de l’immensité du Lac Titicaca. De notre campement, il nous était impossible de voir les rives du lac, de quelque côté que ce soit, tellement elles sont lointaines.


Nous nous sommes endormis tôt dans un silence de roi et même si le sol était un peu dur, nous avons dormi pas moins de 10h ! Réveillés, toujours dans un silence absolu, nous avons pliés bagage et sommes partis en direction du port. Quelques moments d’attente, au soleil, au bord du lac avec notre petit déjeuner, c’était parfait J


De retour à Copacabana, après une bonne truite au marché (pour compenser celle que Micka n’a pas pu pêcher) changement de décor ! Place à un spectacle surprenant : le baptême des voitures !! C’est la tradition selon laquelle, les boliviens et même leurs voisins péruviens, viennent faire bénir, par le prêtre, leur véhicule (extérieur ET intérieur, neuf ou tacot, ou les deux peu importe). La bénédiction s’accompagne de couronnes et pétales de fleurs, de cocardes, de riz, de cidre qui arrose le « carrosse », de pétards… cérémonie très étrange mais intéressante J


Désormais, direction La Paz, perchée à plus de 3200m.



mercredi 22 octobre 2014

PEROU – Lac Titicaca – BOLIVIE

Arrivés de bonne heure à Puno, au bord de lac Titicaca, nous avons un peu attendus avant d’être alpagués par un monsieur qui nous proposait un tour sur les îles flottantes ainsi que le trajet en bus l’après-midi pour Copacabana (en Bolivie). C’était justement le programme que nous avions envisagé ! Après un peu de négociation, nous bookons pour un départ aux iles à 8h30 du matin, juste le temps d’aller se promener dans la ville, qui se réveille à peine. Bon, nous n’avons pas accroché avec Puno qui ne présente aucun intérêt à notre avis, surtout tôt le matin … On a tué le temps en attendant notre départ pour les iles flottantes.


Ces îles se situent sur le lac à 30 minutes de bateau de Puno, et sont des îles artificielles, fabriquées en roseau où s’établissent des communautés. Si jamais vous vous posiez la question, comme leur nom l’indique, les îles flottent réellement, et ça se sent par endroit, le sol étant recouvert de multiples couches de roseau ! Les îles, une fois construites, sont fixées à des poteaux d’eucalyptus afin qu’elles ne dérivent pas jusqu’en Bolivie. La profondeur du Lac n’atteint que 3 mètres à cet endroit et permet donc la construction de ces îles. Elles sont très nombreuses, 3 500 personnes y habitent en permanence. Une île peut « vivre » entre 40 et 50 ans, après il faut en construire une autre (en moyenne un an pour la construction) et déménager les familles. Les îles sont bien sûr assez rudimentaires (maisons de roseau, pas d’eau courante, ni d’électricité), mais le confort moderne s’y installe tout de même grâce aux batteries. Chaque île a son chef qui dirige et règle les éventuels conflits sociaux. Si une famille pose des problèmes ou ne veut pas travailler, et bien la solution est simple : on découpe (à l’aide d’une longue scie) sa parcelle qui se sépare de l’île et devient ainsi indépendante ! Tout « l’archipel » est dirigé par un « sur-chef ».






Après toute une explication sur l’organisation sociale, sur les traditions, le chef de l’île nous explique la méthode de construction des îles et ses habitants nous présentent l’artisanat local. Nous nous rendons sur la plus grande île en reprenant notre bateau, mais certains ont préféré faire le trajet en barque, appelées « totora », mais aussi Mercedes Benz, en raison de leur confort pour les touristes. Les locaux, eux, utilisent des totora plus rudimentaires ! Ce sont des bateaux, tout de roseau construits.



Cette excursion nous a permis d’avoir une première vue du fameux Lac Titicaca dont nous profiterons d’avantage en Bolivie.

De retour sur la terre ferme nous prenons le bus pour la Bolivie, et plus précisément pour Copacabana. 3h de route et un passage de frontière de plus ! Là encore, le passage de la frontière a été très facile, les sacs à dos restent dans le bus, nous présentons le passeport, un coup de tampon de chaque côté et voilà. Toujours aucune question, ni aucune fouille, ni demande de document supplémentaire. Nous sommes ravis que cela se passe comme ça !

A Copacabana, le chauffeur de bus nous rappelle qu’il est une heure plus tard qu’au Pérou ! Ha oui c’est vrai, nous avions complètement oublié. Nous cherchons un hostel (ils ne manquent pas ici, c’est un lieu assez touristique). Nous nous rendons vite compte que la Bolivie n’est pas le Pérou et que le confort et nos habitudes vont certainement changer, mais ce n’est pas un problème, il suffit de s’adapter ! Internet n’est pas très répandu, le réseau téléphonique non plus. Et pour anecdote, le papier toilette à l’hostel, il faut l’acheter à la boutique en bas (certainement tenue par l’épouse du propriétaire de l’hostel …). Pour 40 bolivianos par nuit (soit 5 euros pour deux), on ne peut pas tout avoir, et finalement cela nous convient très bien.

Il ne faut pas traîner, le temps passe vite et dans un petit mois, il faut être à Santiago de Chili ! Dès le lendemain, nous partirons pour la Isla del Sol.