jeudi 15 janvier 2015

Péninsule de Coromandel

Nous voilà désormais en 2015 et après avoir profité de la côte ouest avec les plages de Piha et de Karekare, nous avons pris la route pour la péninsule de Coromandel, à l’Est d’Auckland.

C’est donc sans aucune bonne résolution pour cette année (à quoi bon ? Elles sont faites pour ne pas être tenues !) que nous attaquons la découverte de cette nouvelle région. Tardivement arrivés dans la première grande ville de la région, Thames, nous cherchons un endroit où poser notre Chariot et passer la nuit. Nous jetons notre dévolu sur un parking pour camping-car, en bord de route, mais qui semble tranquille. Ça fera largement l’affaire pour une nuit.

Toc toc toc ! Voici le doux son mélodieux qui nous a tirés de notre duvet, un peu avant 7h du matin… Une fois les mirettes grandes ouvertes et le nez dehors nous avons rencontré notre cher perturbateur, un agent du DOC (Department Of Conservation) tout sourire, nous remplissant gentiment un papier… en fait une amende. Nous étions en tort puisque ce parking ne pouvait accueillir uniquement les « self-contained » (camping-cars équipés de WC), or vous imaginez bien que notre pauvre voiture en est totalement démunie… Après de rapides explications, nous comprenons que nous venons d’écoper d’une amende de 200$ pour « free camping » mais qu’il est possible d’avoir les faveurs de la direction et de ne rien payer si on leur envoie un mail. A ce prix-là, nous essaierons, ça ne nous coutera rien (de plus). Finalement nous aurions peut-être dû prendre certaines résolutions…

Pour celles et ceux qui ont ou auront un jour envie de parcourir la Nouvelle-Zélande en vélo, voiture, van, camion ou trottinette, voici quelques explications au sujet du free camping (du moins NOS explications). Il est toléré mais très règlementé, surveillé et réprimandé. Vous êtes réglo si aucun signe ou panneau ne l’interdit et si vous ne gênez personne (attention, ici, la délation est monnaie courante), que votre « campement » est propre et que des toilettes sont à disposition. Autant vous dire que c’est peine perdue pour être vraiment réglo, donc le plus simple d’après nous est de se garer à l’abri des regards, hors des villes, sur de petites aires de pic-nic par exemple… Bref, au feeling ! Pour les plus sages (et les plus propres), le DOC a tout prévu, pour accueillir tout ce beau monde il existe des campsites équipés de WC, douches, et parfois même de barbecues. Or vous imaginez bien que cela n’est évidemment pas gratuit, comptez en 6$ et 12$ par personne. Ça fait cher la douche… mais utile de temps en temps !

Reprenons, après ce petit réveil matinal, nous étions prêts relativement tôt et en forme pour aller marcher, histoire de se décrasser du jour de l’an dans l’un des nombreux parcs du pays. Aujourd’hui ce sera le Coromandel Forest Park et son Kauaeranga Kauri Trail, recommandé par Coline  (la fille Faure) et Alex (son copain). Au programme de la journée, 7h de marche aller-retour pour grimper jusqu’à la Pinnacles Hut puis à un rocher surplombant toute la vallée et sa végétation luxuriante. Nous avons emprunté un chemin ombragé sillonnant au beau milieu de cette incroyable forêt subtropicale et avons finalement bouclé cette magnifique rando plus tôt que prévu, après 4h d’effort, contents de cette belle découverte mais fatigués.


Pour s’en remettre, quoi de mieux que d’aller faire trempette à quelques dizaines de kilomètres de là, dans des sources d’eau chaude. =) Nous avons repris notre fidèle destrier pour se rendre à Hot Water Beach (tout est dans le nom) sur la côte est. Cette célèbre plage a la particularité d’avoir une eau (très) chaude, pouvant atteindre 65°C, affleurant juste sous la surface. A marée basse il est donc d’usage de creuser une petite piscine sur une source d’eau chaude afin de pouvoir s’y relaxer avant que la marée ne remonte trop.

Une fois sur place et ayant loupé la première marée basse de la journée il nous a fallu attendre la seconde à 23h. Tant pis nous nous occuperons, puis les bains chauds seront peut-être encore plus appréciés de nuit et peut être moins bondés.


En attendant nous nous sommes rendus à Cathédral Cove, une formation rocheuse, creusée par la mer, formant maintenant une immense arche au-dessus de la plage. C’est aussi de cette manière-là que mère nature crée ces ilots rocheux isolés tout proche de la plage : la mer creuse une roche jusqu’à créer une arche, qui finit par s’effondrer et laisser le pied au large. Un bon nombre de magnifiques criques, voisines de cette plage, sont de superbes spots de snorkeling, malheureusement  nous n’avons pas (encore) le matériel alors nous les admirons depuis la terre ferme.


Venue la fin de soirée, nous sommes partis creuser, armés de notre casserole Quechua, notre fameuse piscine sur la Hot Water Beach. Mêlés à des dizaines de touristes et de locaux cherchant la bonne place et la bonne température, ni trop chaud, ni trop froid, nous nous sommes détendus durant 1h dans une eau chaude… salée. Une rapide douche dehors et nous voilà propre pour une nouvelle nuit dans notre hôtel 4 roues. 


Demain, direction la région du centre.









Northland

Dès l’acquisition, le rapide aménagement de notre voiture et le plein de courses et d’essence fait, nous n’avons pas résisté longtemps avant de prendre la route pour le Northland, seule région située au Nord d’Auckland. D’ailleurs, à propos de « prendre la route », il faut la prendre du bon côté, qui n’est pas le même que chez nous. Et oui, la Nouvelle-Zélande étant une ancienne colonie britannique où règne encore notre bonne vielle Elisabeth II, les Néo-Zélandais roulent à gauche. Inutile de vous dire que nos premiers kilomètres ont été une vraie aventure et nos premiers carrefours de vrais casse-têtes… Même si nous avons encore tendance à actionner les essuie-glaces au lieu des clignotants et que l’on cherche le rétro et la ceinture du mauvais côté, le coup de main vient finalement assez rapidement.

Mise à part une rapide petite escale à la plage pour prendre un peu le soleil (en Patagonie ce n’était pas vraiment ça !) et  réaliser ce que nous vivions, notre vraie première étape a été Whangarei (le « Wh » se prononce « F » en Maori, donc Fangarei). C’est aussi ici que nous avons passé notre première nuit dans notre Chariot, sur un parking équipé de toilettes publiques. La nuit fût bonne, mais à 2 dans 6m² nous devons juste trouver nos repères, avoir certains reflexes et tout sera parfait. Le lendemain matin, nous avons découvert les cascades de la ville et son parc les entourant au cours d’une petite ballade.

Notre deuxième étape nous a menés jusqu’à Waitangi, berceau de la culture Maori, car c’est ici qu’a été signé le tout premier traité entre Maoris et Anglais le 6 février 1840, faisant ainsi de la NZ une colonie britannique. En effet, le peuple néo-zélandais reconnaissant les prestiges et bénéfices que leur ont déjà apporté les « Pakehas » (colons européens/britanniques) acceptent donc volontiers leur autorité, celle de la couronne britannique. Ce traité ayant été fait en 2 exemplaires, l’un rédigé en langue Maoris, l’autre en Anglais, ne sont en fait pas tout à fait identiques et divergent sur quelques points, donnant lieu plus tard à certains conflits. La version British donne au Maoris les mêmes privilèges que tout citoyen anglais en échange des pleins pouvoirs ; l’autre version garantit aux Maoris la pleine possession de leur territoire (et donc de le gouverner). Si plus de 40 chefs maoris ont signé ce traité ce jour-là, la plupart n’était conquis que par la version Maoris… Cependant, plus de 500 d’entre eux finiront par le signer. Entre 1843 et 1872, des conflits éclateront, laissant peu de chances aux guerriers Maoris défendant leur territoire.




Nous avons donc visité ce lieu, logiquement appelé « Waitangi Treaty Grounds », où ce fameux document a commencé son histoire. Nous avons aussi pu assister à une représentation d’un spectacle traditionnel Maori avec instruments, musiques, chants, danses et bien entendu Haka. =) Tout ceci dans une magnifique maison commune, la Whare Runenga, édifiée en 1940 pour célébrer le centenaire du traité.


C’est ici aussi que se trouve la fameuse Bay of Island, et ses innombrables îles vierges (plus ou moins 150…) parsemées au milieu d’une eau turquoise où il est possible de faire tout autant d’activités (plongée sous-marine, snorkeling, voile, hélicoptère, parachute ascensionnel,…) Bref, un petit paradis pour touriste aisé, nous ne nous attarderons pas plus.

Après avoir fait l’extrême pointe sud du continent américain il y a quelques jours, nous avons voulu nous rendre à l’extrême pointe nord, cette fois ci, de notre nouveau pays d’accueil. Nous voilà donc après plusieurs heures de route, au Cap Reinga, marqué par un joli phare, où se rencontrent ici l’océan Pacifique et la mer de Tasmanie, donnant lieu à de nombreux remous et tourbillons. De nombreuses histoires sont aussi rattachées à ce lieu : un arbre solitaire sur un rocher affrontant la mer déchainée serait le lieu de passage des âmes entre notre monde et celui du dessous ; une île à peine visible à l’horizon aurait été rejointe à la nage par un ancien chef maori… Pour nous c’est surtout un magnifique point de départ pour faire de belles randonnées sur la côte, encore vierge de toute trace humaine. Nous avons donc tranquillement marché, 4h durant, en passant successivement par une plage paradisiaque, une multitude de couches de sédiments séchés,  des dunes de sable puis les champs de vaches. Au bout de notre sentier, nous retombons sur la route qui mène à notre voiture et décidons de tenter une nouvelle fois le stop, il y a beaucoup de passage, nous ne devrions pas attendre trop longtemps. C’est finalement au bout d’une heure tout de même et d’une bonne centaine de voiture qu’Hugo, Chilien d’origine, s’est arrêté pour nous ramener à bon port. Nous étions contents de pouvoir discuter en espagnol avec lui et son père, ici, au fin fond de la Nouvelle-Zélande. Merci !



Après cela il nous a fallu entamer la redescente vers Auckland, par la côte Ouest cette fois ci. Sur la route nous avons traversé un fleuve en ferry pour gagner quelques kilomètres (et perde quelques dollars…) avant de se rendre le lendemain dans la Waipoua Forest ou survivent encore quelques Kauris, ces arbres tout aussi majestueux qu’énormes ou vieux. Certains peuvent atteindre 15m de circonférence et plus de 20m de haut, comme  Te Matua Ngahere, le père de la forêt… autant vous dire qu’on se sent tout petit une fois à côté. Pourtant leurs racines ne sont pas très profondes et cela en fait paradoxalement des arbres fragiles. C’est donc pour les protéger et préserver cette espèce que des plateformes sont mises en place autour d’eux pour nous les toutous !

Il est maintenant temps pour nous de regagner Auckland pour finir cette année comme il se doit, en compagnie de la Famille Faure, terminant leurs vacances sur cette belle terre.

A l’année prochaine.

 




mardi 6 janvier 2015

Les fêtes à Auckland

Ne connaissant pas les habitudes et le programme de nos hôtes pour Noël nous étions sur le qui-vive dès le 24 au soir, prêts à commencer les hostilités. Or, chez Ingrid et Guy, la soirée du réveillon est en fait une soirée plateau-télé, ou chacun se sert et s’installe devant le grand écran pour regarder « Maman j’ai raté l’avion ». Un peu étonné, nous sommes d’abord restés à table entre francophones en profitant du spectacle : pas celui de la TV mais celui du canapé, nos hôtes de 60ans pliés de rire devant ce film pour enfant. Le lendemain, à 10h, juste après un bon petit déjeuner, début du marathon, nous nous voyons proposés notre première (et pas la dernière…) coupe de champagne ! Oui oui du champagne, à 10h du mat’ ! Nous avons partagé cela avec Xavier et Sophie qui ont pu inviter un couple d’amis français fraichement arrivé en NZ. Nous serons donc 6 français autour de la table à midi, mais pour nos chers hôtes nous essaierons de discuter un maximum dans la langue de Shakespeare. D’ailleurs il s’avère que ces invités ne m’étaient pas totalement inconnus… Quand vous dites « On se retrouve en Nouvelle-Zélande !» à des compagnons de trek au Chili vous ne pensez pas les croiser au bout de 3 jours sur place. C’est donc amusés que nous avons retrouvé Ben et Coline, 2 jeunes avec qui nous avions partagé le trek du W dans le parc Torres del Paine quelques semaines auparavant. Au top !

14h30, après avoir vidé 3 bouteilles de champagne et terminé les gâteaux apéro, il est venu le temps d’ouvrir la 4ème bouteille et de passer à table ! Au menu, buffet : salade de patates douces, salade de tomates, crevettes, pommes de terre, saumon, agneau et un énoooooorme jambon entier. Une fois rassasiés, le maître de maison a ouvert la 5ème (et dernière. Ouf !) bouteille de champ’ tandis que la maîtresse nous a présenté sa panoplie de desserts: 3 gâteaux et une salade de fruits (pour faire glisser…) Bref, un repas digne de chez Mamisou ou chez tata Rosa. Un régal !


Après s’être remis de notre fantastique Noël et de notre virée dans le Northland, nous voilà de retour sur Auckland pour terminer cette Fauremidable année en beauté, en compagnie de Faure familly qui nous ont gentiment invités dans leur auberge, pour partager un morceau de foie gras, apporté spécialement de France. L’apéro dinatoire terminé et minuit s’approchant à grands pas nous décidons donc de sortir pour admirer le feu d’artifice tiré de la Sky Tower (plus grande tour de l’hémisphère sud avec ces 328m). Finalement très déçus du spectacle qui ne dura que 5 minutes, nous nous sommes dirigés dans le centre-ville afin de voir l’ambiance qui s’y trouvait. Mais rien de spécial pour une soirée du nouvel an, juste quelques fêtards ne sachant plus tout à fait marcher droit. C’est équipé de la fameuse bouteille de champagne que nous prenons la direction du port pour trinquer à cette nouvelle année. Tchin ! Merci encore à toute la famille Faure pour la soirée passée !

Elle se finira d’ailleurs assez tard, autour de quelques bières, dans l’un des nombreux bars de la ville.

Voilà, nous sommes les premiers à pouvoir le dire :

BONNE ANNEE 2015

















Réveil difficile, grosse chaleur dans la voiture, yeux collés et esprit embrumé … Rien de mieux que le traditionnel gros Mcdo de lendemain de fête pour se remettre sur pied. Nous retrouvons ensuite notre Fauremidable famille sur la plage de Piha, située à une cinquantaine de kilomètres d’Auckland sur la côté ouest. Pour un 1er Janvier quoi de mieux que de barboter dans l’eau, ou disons plutôt « balloter », car les vagues sont ici monstrueuses et on se sent rapidement dans une machine à laver. L’endroit est même réputé pour être très dangereux à cause de la mer agitée et de ses puissants courants, nous y laisserons donc quelques forces… Bien épuisés nous prenons la direction de la plage de Karekare, sauvage et déserte, aussi célèbre pour avoir servi de décor pour plusieurs films (La leçon de piano, Xena la princesse guerrière). Comme sa voisine Piha, il est déconseillé de s’y baigner si elle n’est pas surveillée.



Il est temps pour nous de continuer notre route vers la péninsule de Comorandel Sud et de dire au revoir à Monsieur et Madame Faure accompagnés de leur petit dernier, Quentin… Ha ciaooo !!


Nouvelle-Zélande – Auckland

Nous avions quitté le Chili le 20 décembre au matin de Punta Arenas et nous voilà déjà le 22 décembre à l’aéroport d’Auckland en Nouvelle-Zélande (sans vraiment avoir connu la journée du 21/12/14… Signe de fin du monde ? =).

En débarquant tout juste dans ce nouveau pays en cette fin d’année et période de fêtes, il  ne semblait pas évident de trouver avec qui, où et comment partager Noël et le jour de l’an. Heureusement, juste avant de quitter le continent sud-américain, nous avions pensé au Couchsurfing, cet outil du 21ème siècle, permettant aux voyageurs du monde entier d’entrer en contact avec des locaux proposant leur toit (et parfois bien plus…) C’est donc comme ça qu’Ingrid et Guy, deux néo-zélandais de presque 60 ans, ont accepté de nous recevoir dès notre arrivée à l’aéroport, le temps d’une petite semaine, et de passer le jour de Noël ensemble. Parfait, nous passerons notre 1er Noël à l’autre bout du monde dans une famille Kiwi. Nous voilà immergés dès le début. Quoi de mieux ?


A notre arrivée, nous étions attendus par Sophie et Xavier, deux français forts sympathiques en voyage depuis 10 mois en NZ et créchant également dans cette famille. Ouf ! La transition Espagnol / Anglais sera peut-être un peu moins brutale avec eux… Nous pourrons nous mettre tranquillement dans le bain et peut-être apprendre plus rapidement les codes et les coutumes de ce nouveau pays. Nous voilà en route pour Ramarama, à une quarantaine de kilomètres au sud d’Auckland, où se trouve la belle maison de nos hôtes et leur grand terrain occupé par 3 alpagas, 2 chiens, 2 coqs, une multitude de poules et de canards. Bref, un joli petit coin de paradis, en pleine campagne et à 35min seulement de voiture d’Auckland. Nous nous sentons déjà bien ! =)

Informés depuis longtemps et à plusieurs reprises de la facilité de faire du stop en Nouvelle-Zélande, c’est ainsi que nous nous sommes lancés en direction d’Auckland dès le 2nd jour… Commence ici NOTRE expérience du stop ! A peine 2min que nous tendons le pouce et voilà déjà notre premier chauffeur, Tamielle, qui doit juste faire 2/3 arrêts avant Auckland pour de rapides courses. Aucun souci, on découvrira les petites routes… Après 2 arrêts, 4 demi-tours, 6 mauvaises routes et deux bonnes heures de trajet, nous voilà en ville. Youpi !! Peu importe, nous avons le temps et avons bien rigolé avec elle. Nous passons donc notre première demi-journée sur Auckland, tranquillement. Attendus pour le diner, voilà venu 17h30 le temps de rentrer, ou du moins d’essayer… Stratégiquement postés à l’entrée du motorway nous avons gentiment souri à nos potentiels chauffeurs pendant près de 2h. Seul 2 énergumènes se sont arrêtés à notre niveau, le premier ne nous a même pas laissé le temps de ramasser nos sacs avant de repartir, quant au second, il était juste à la recherche d’un briquet… No comment !

Précisons aussi, que nous étions équipés de 2 pancartes indiquant « Ramarama » (peu connu par les locaux) et le numéro de la sortie correspondant sur le motorway. (Au moins, ils pouvaient situer à peu près…) Heureusement, une âme « charitable » fini par s’arrêter et nous propose de nous avancer un petit peu… Patientant déjà depuis un moment, tout est bon à prendre ! Ou presque… Notre cher monsieur nous a déposés à la première sortie, à 2km, qui ne possède aucune entrée sur le motorway. GE-NIAL ! Nous voilà donc repartis pour tendre le bras et le pouce sans trop savoir dans quelle direction s’avancer. 20h passées, il est grand temps d’informer nos hôtes de notre « petit » retard… Sans téléphone en poche, Romain tente sa chance dans une première épicerie, qui refuse catégoriquement de passer un coup de fil ; la seconde accepte de téléphoner lui-même après vérification de l’existence de Ramarama en Nouvelle-Zélande. Bon, les voilà avertis ! Reprenons notre activité ! C’est finalement à 21h qu’est apparu notre sauveur, un jeune dénommé Ali, qui nous propose de nous amener jusqu’à destination. Alléluia ! Bref, nous sommes rentrés à 21h30, après 6h de stop dans la journée. Après cette folle aventure, nous avons eu la chance de se faire servir le diner… Merci Ingrid !


Alors, toujours aussi fastoche le stop ?

Pour ne pas revivre ça durant 2 mois nous avions comme projet d’acheter un van pour parcourir plus facilement et plus librement cette nouvelle terre inconnue et pouvoir passer nos nuits à l’intérieur. Ce sera donc notre mission de ces prochains jours. Pour nos recherches, nous avons débuté par internet (encore un magnifique outil du 21ème siècle…) mais sans grand succès. Puis nous avons poursuivi nos recherches à Auckland même pour faire le tour des auberges de jeunesse affichant parfois les petites annonces, et ce fût ici plus fructueux. Après 2 jours de recherches et 3 rendez-vous nous avons finalement craqué sur un wagonstation (entre break et monospace) 7 places facilement modulables, boite auto et volant à droite, que l’on devrait facilement revendre dans 2 mois. Bref, nous voilà désormais propriétaires d’un superbe Mitsubishi Chariot de 1995 ! Et ça un 25 Décembre ! =)

lundi 22 décembre 2014

Punta Arenas - Trek Cruz Froward

De retour d’Ushuaia, nous nous retrouvons tous les 4, avec Romain et Camille, autour d’un churrasco et d’une bonne bière pour se raconter nos aventures des dernières semaines. Nous passerons une dernière journée à Punta Arenas, chaque couple de son côté, pour faire nos dernières emplettes. Il est aussi temps d’organiser notre journée de Dimanche, celle du départ (ou du retour… voyez ça comme vous voulez) de nos demoiselles. Nous en profiterons aussi pour se retrouver dans l’un de nos hôtels, pour refaire les sacs comme il se doit, changement de binôme oblige. La dernière soirée s’est passée tranquillement dans un joli et bon petit resto, chacun de son côté… Ou presque… Effectivement nous avons eu la surprise de se retrouver à la même enseigne.

14 Décembre : Jour J. Comme « Joyeux anniversaire Micka » ou encore « Je n’ai pas envie de te quitter ». Bref, ce dimanche (pour changer) a été rempli d’émotion en tout genre. Il a d’abord fallu se retrouver très tôt pour partager le taxi, filer jusqu’à l’aéroport, enregistrer les bagages, puis attendre (longtemps) l’embarquement… C’est à ce moment-là que j’ai eu la chance de recevoir un merveilleux cadeau d’anniversaire : un T-shirt de la part de mes amis, à des milliers kilomètres d’ici, avec un petit mot de chacun d’eux. Au top ! Et au bon moment ! =) Encore merci !

Mais c’est malheureusement aussi dans la foulée qu’il a fallu se dire au-revoir !

[ censured ]

Les voilà désormais parties, sur le chemin du retour et nous voilà seuls. Après de superbes semaines de voyage en couple à travers l’Amérique du Sud c’est un nouveau voyage qui débute…

Le soir, Romain et moi sommes allés dans un resto/bar pour fêter (ou oublier ?) cette journée et tenter d’organiser notre dernière semaine ici. Après réflexion, nous avons besoin de changer d’air, et le grand air serait le mieux. Parfait, un trek de 5 jours est faisable dans le coin, pour rejoindre le point le plus austral du continent américain, le cap Froward, symbolisé par la croix du même nom. Renseignement pris, nous partirons demain lundi. Petit détail : nous aurons besoin d’un jour de plus à notre retour du trek, pour préparer notre arrivée en Nouvelle-Zélande… Ce qui fait 6 jours à compresser en 5 jours… Tant pis, nous marcherons  à bonne allure, ça devrait le faire !

Nous voilà donc (difficilement) sortis du lit et de l’hôtel pour prendre notre bus à destination de San Juan, petit village à 1h de route de Punta Arenas, lieu de départ de notre périple. Ce trek n’est pas très long, 64km aller-retour sur la côte mais est assez pénible du fait de ses chemins alternants entre plage de sable, plage de galets, rochers acérés, algues glissantes, ou encore boue épaisse… Nos chaussures et nos articulations seront mises à rude épreuve. S’ajoute à cela, le climat de la Patagonie, lui aussi pas des plus agréables, entre pluie fine, vent glacial et nuits fraiches… Pour sublimer ce parcours qui vous fait - j’en suis sûr - déjà rêver, il nous faudra franchir 3 rivières (qui a dit froides ?) en essayant de viser les marées basses… Une première pour nous !

Notre première journée nous a permis de se mettre en jambe tranquillement, en passant par le phare San Isidro, perché sur sa colline, d’où nous avons pic-niquer et eu la chance d’observer plusieurs dauphins. =) Nous rejoindrons en 7h via un chemin plutôt praticable notre premier camp, en fait un refuge, que nous partagerons avec un Israélien et deux Canadiens. Heureux de trouver une cabane ou passer la nuit au chaud sans avoir à monter la tente, j’ai rapidement voulu faire un feu dans le poêle prévu à cet effet… Mal m’en a pris puisque le conduit de la cheminée était rompu et la fumée s’est rapidement rependue dans la cabane… La prochaine fois ce sera dehors.



Le deuxième jour nous a laissé des traces, puisque nous avons simplement fait 2 journées en une. Levés tôt (9h30…) cela paraissait pourtant mal parti. C’est ce jour ci que nous avons pris conscience de la difficulté des sentiers et de la faible vitesse à laquelle nous progressions. Nous avons longés la côte un bon moment à s’épuiser dans le sable et les galets, avant de s’enfoncer dans la forêt boueuse pour éviter des barres rocheuses infranchissables, puis est venu le moment de se rincer dans la rivière avec un deuxième passage difficile avec de l’eau jusqu’à la taille… Outch ! C’est tout juste soulagés d’avoir vaincu les 3 fleuves que nous arrivons sur le lieu de notre seconde nuit. Nous montons rapidement la tente, mettons nos sacs à l’intérieur et prenons enfin une petite pause déjeuné bien méritée. Pas le temps de trop trainer, il nous faut repartir pour la Cruz Froward, but du trek, encore à quelques kilomètres de là. Nous partons donc à 16h pour notre seconde journée, avec le minimum sur le dos, quelques gâteaux et un peu d’eau dans notre sac à duvet en guise de baluchon. L’arrivée s’est faite quelques petites heures plus tard dans la douleur (300m de dénivelé d’un coup) et sous le vent glacial… La vue étant bouchée, inutile de vous dire que nous n’avons pas trop trainé ici non plus ! Le retour a été long, mais l’idée de trouver nos duvets chauds et notre bon plat de pâtes suffisait à nous faire avancer, à la lueur de frontale, pour ne pas glisser ou se coincer un pied entre les rochers.



23h30, nous voilà enfin arrivés au camp, exténués, après presque 14h de marche. C’est certainement beaucoup moins de temps qu’il a fallu à notre invité surprise du soir pour trouver notre tente et tout ce dont il rêvait. En effet, durant notre excursion jusqu’à la croix, la tente est restée sans surveillance avec l’ensemble de nos affaires à l’intérieur, et un #@!*/? de renard a eu la folle idée de venir se servir dans nos réserves. Après une telle journée, ce n’est pas des plus réjouissant de trouver une tente éventrée, le sac de Romain abimé et trainé dehors, nos duvets parsemés de sauce tomate et nos provisions largement diminuées… Quel roublard ce renard !


Il nous a quand même bien fallu manger un peu et dormir ici, dans une tente légèrement aérée, en sachant qu’un renard dormait certainement bien profondément, la panse bien pleine de nouilles et de gâteaux. Je ne pensais pas si bien dire puisque nous avons retrouvé notre coupable le lendemain matin, avachi à l’ombre d’un arbuste, digérant son festin de la veille.

Le troisième jour, il nous fallait rejoindre le refuge de notre première nuit (ce qui nous arrangeait bien avec une tente ouverte aux 4 vents) en repassant les 3 rivières passées la veille. Cette journée n’aurait pas dû être si difficile si nous ne nous étions pas égarés d’abord sur la côte escarpée puis dans la forêt dense et sauvage. Nous avons finalement regagné notre bon vieux refuge, fait un bon feu dehors, dégusté un bon repas et pu nous coucher à l’abris de toute nuisance. Ouf !

Le dernier jour, nous avons campé là où le bus devait passer le lendemain matin, à 8h30. Mais, pour clôturer ces quelques jours en autonomie, le bus n’est pas repassé par son arrêt, ce qui nous a obligés à faire du stop, sur une piste quasi déserte. Par chance, un travailleur qui nous avait aperçus à l’aller nous a récupérés sur son chemin retour, après 1h30 d’attente. Merci René !


Nous voilà finalement rentrés à Punta Arenas, après un grand bol d’air qui nous a fait le plus grand bien. Il nous reste, comme prévu, une journée pour s’en remettre et organiser notre arrivée au pays des Kiwis. La découverte de l’Amérique du sud s’arrête là pour nous (pour cette fois ci.)


New-Zealand, here we gooooo !!!!








dimanche 14 décembre 2014

The Happy End


Punta Arenas - Ushuaia

Il n’y a que trois heures de route entre Puerto Natales et Punta Arenas, pour une fois un petit trajet ! Juste arrivés nous sommes partis à la recherche de notre hostel, chez Eduardo ! Homme hyperactif aux petits soins pour ses voyageurs de passage. Nous avons passé le début d’après midi à organiser nos derniers jours au bout du monde (snif !) et en fin de journée sommes allés voir les Pingouins sur l’île Magdalena. Une heure et demi de ferry et nous débarquons (une centaine de personnes, soit beaucoup trop …) sur la petite île où les seuls habitants sont … 69 000 couples de pingouins !! L’île n’est pas immense, la densité de pingouins est donc importante, il y en avait partout partout. Un chemin tracé est réservé aux visiteurs, ce qui n’empêche pas les pingouins de le traverser et de s’approcher très près de nous. Qu’est ce qu’ils sont drôles quand ils courent (trop vite et qu’ils trébuchent !). De novembre à mars, ces pingouins viennent des îles Malouines et du sud du Brésil afin de pondre sur l’île (la même où ils sont eux-­mêmes nés). Nous avons donc pu voir des bébés, tout juste sortis de leurs œufs, mais sagement à l’abri dans leurs terriers. Parce que oui, les pingouins creuses des terriers, qu’ils protègent des prédateurs. Signalons au passage que les pingouins sont monogames et forment de très jolis couples =)




 


 Compte tenu du temps restant, nous sommes, dès le lendemain partis à Ushuaia, en Argentine. Cette ville est réputée être le bout du monde, c’est-à-dire la plus australe. En réalité, c’est Puerto Williams, au Chili qui l’est (sauf peut être un petit village de pêcheurs plus éloigné). Disons que pour le tourisme, c’est Ushuaia, et puis le nom fait rêver n’est-ce-pas ? Il faut tout de même faire une dizaine d’heures de bus pour y arriver. D’habitude nous essayons de faire les longs trajets de nuit pour ne pas perdre de temps, mais comme il y a le passage de la frontière Chili/Argentine, le trajet ne peut se faire que de jour. La frontière (à San Sebastian) est un peu plus sérieuse que les précédentes. Les bagages à mains sont passés au rayon X et tous les sacs sont sortis de la soute afin de permettre au chien de les renifler. Un sac suspect et c’est tout un bus qui doit attendre, parfois longtemps. Par chance tout est allé assez vite. La sortie du Chili d’abord, puis quelques kilomètres plus loin, l’entrée en Argentine.

Au cours de ce trajet, nous franchissons le mythique Détroit de Magellan. On l’a tous appris à l’école, et là nous y sommes, sur un ferry pour une vingtaine de minutes. Les vents et courants sont très forts sur ce détroit, qui est l’un des trois passages naturels entre les océans Atlantique et Pacifique (des idées sur les deux autres ?). En plein vent sur le bateau, nous avons vu un dauphin !! Un petit dauphin, noir et blanc, nageait tout proche du bateau ! Finalement faire ce trajet de jour nous a permis de découvrir les paysages de la Patagonie et de contempler la fin des Andes que nous suivons depuis des milliers de kilomètres.

Après le Détroit c’est la Terre de feu, la Tierra del Fuego ! C’est Magellan qui l’a nommée ainsi puisque lors de sa navigation, il a été guidé par les feux que faisaient les Yamanas (ancien peuple de la Terre de feu) sur les côtes.



 Arrivés à Ushuaia sans réservation, nous nous pressons pour trouver notre logement puis partons à la recherche d’argent argentin pour notre court séjour. Le problème d’inflation en Argentine nous a poussé à tenter de trouver le meilleur taux dollar-pesos. Pas facile, c’est finalement le casino du coin qui nous donnera satisfaction. Le lendemain, nous avons navigué sur le Canal Beagle (le second passage naturel entre les deux océans). Cette excursion nous a permis de s’approcher au plus près de lions de mer, d’aller jusqu’au phare des Eclaireurs et de faire une promenade sur une île vierge de toute vie humaine. Le Phare des Eclaireurs n’est pas le phare le plus au bout du monde, bien qu’il ait souvent servi d’illustration au romain de Jules Verne « Le phare du bout du monde »Lors de la croisière, le guide nous a offert thé, café, petits gâteaux et même liqueur de café mais surtout il nous appris beaucoup de choses sur les Yamanas et sur la situation d’Ushuaia. Elle n’est qu’à 1000 kilomètres de l’Antarctique et à équidistance des deux océans. D’ailleurs si l’envie vous prend de vous offrir 2 ou 3 semaines sur un bateau en Antarctique, il faudra débourser au minimum 5000$... des amateurs ?



A Ushuaia et même Punta Arenas, il est recommandé de gouter le « centolla » ou « king crab », ou encore araignée de mer. C’est en fait un très gros crabe rouge de facilement 50cm d’envergure (pattes comprises). Nous avons beaucoup apprécié ce plat =)

 

Pour notre deuxième et dernier jour à Ushuaia, nous sommes allés nous balader dans le Parc National. Malheureusement le beau temps n’était pas au rendez-vous et après 4h de ballade nous étions trempés jusqu’à l’os et le pantalon plein de boue. Après avoir déjeuné, nous avons fini de visiter le parc grâce au bus qui nous ramènerait plus tard à Ushuaia. On peut donc dire que nous sommes allés au bout du bout, au bout de la route 3 (la panaméricaine). Lors de cette journée, nous nous sommes rendus à la Poste du bout du monde, la poste « del fin del mundo ». Ca doit être le postier le plus connu ! A son poste depuis 20ans, il passe sa journée à tamponner cartes postales et passeports en souvenir et a même des autocollants à son effigie.


Il y a d’autres choses à faire à Ushuaia, mais pour nous ça sera tout. Notre bus retour est à 4h30 le lendemain matin. Nous ne regrettons absolument pas d’y être allés en dépit des critiques entendues lors de notre voyage. Si la ville n’est pas spectaculaire (elle n’est ni plus moche ni plus belle qu’une autre), ses paysages sont tout simplement magnifiques. Les monts enneigés juste au-dessus de la ville, la baie d’Ushuaia, et ce sentiment de se sentir au bout du bout.

C’est maintenant temps de retourner à Punta Arenas, de nouveau une dizaine d’heures de bus qui nous permet d’écrire ces articles, de trier les photos (et de se dire « whaou ça c’était fou ») et même de se regarder un film. En arrivant nous retrouverons Romain et Camille !! Comme a dit Micka, préparez les bières, on a plein de choses à se raconter !


NB : allez, on vous donne le troisième passage naturel entre Atlantique et Pacifique, le Cape Horn bien sûr, au bout du bout !